Une expulsion choquante des médias

Une expulsion choquante des médias
Claude Snow
Caraquet

Monsieur Volpé,

Je suis avec intérêt, par l’entremise des médias, les difficultés de recrutement d’un radiologiste à l’Hôpital de l’Enfant-Jésus de Caraquet. Le reportage de Radio-Canada du 9 juillet en soirée et du 10 juillet en matinée sur ce sujet a retenu particulièrement mon attention. La conduite d’un gardien de sécurité, qui s’est chargé de chasser les journalistes en fonction, est pour le moins troublante.

Je n’ai pu que me rappeler un incident semblable survenu en octobre 1998 quand le directeur général du District scolaire de la Péninsule  acadienne avait décidé d’adopter subito presto une nouvelle politique sur l’expulsion de la presse des écoles, à la suite de la visite d’un journaliste et d’un cameraman dans une école du district.

Les hôpitaux, comme les écoles, sont des établissements publics et le droit de filmer à l’intérieur de tels établissements est non seulement  reconnu, mais doit être préservé, pour des raisons de transparence. Les médias doivent être admis à la fois à l’extérieur et à l’intérieur pour y prendre du visuel. Les responsables doivent leur ouvrir l’accès pour informer le public le plus et le mieux possible puisqu’il s’agit d’une question d’intérêt public.

Qu’un gardien de sécurité s’interpose, cela me choque. Agissait-il de son propre chef ou sous les ordres de quelqu’un? Si oui, est-ce une nouvelle politique d’exclusion adoptée par le Réseau de santé Vitalité qui consiste à limiter l’accès des médias à ses établissements? Cela, à mon avis, porte atteinte à la liberté de presse garantie à l’art. 2(b) de la Charte des droits. Ce qui est le plus dérangeant, c’est que l’État ne rate jamais une occasion de demander aux médias de filmer quand il s’agit de rapporter des événements prestigieux, mais il leur fait la chasse aux sorcières quand il s’agit de situations problématiques.

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