Traumatologie : la province investira- t-elle dans le secteur francophone?

Le récent rapport présenté dans le cadre de la révision des services de traumatologie au Nouveau-Brunswick a profondément choqué les membres d’Égalité santé en français. Selon eux, la province doit développer davantage ces services dans les régions francophones, plutôt que de tout consolider vers Saint-Jean et Moncton. Une option que la ministre de la Santé, Madeleine Dubé, a rapidement rejetée.

Le ministère de la Santé du Nouveau-Brunswick travaille présentement au développement d’un réseau provincial de traumatologie. Selon Égalité santé en français (ÉSF), le gouvernement devrait en profiter pour réduire l’écart entre les hôpitaux des régions francophones et anglophones, tout le contraire de ce que recommandait un rapport présenté en janvier, mais seulement dévoilé il y a deux semaines.

Le rapport, présenté par la firme de consultants en gestion Haygroup, recommande de consolider les services de traumatologie à l’hôpital de Saint-Jean et à l’hôpital de Moncton. Selon le président d’ÉSF, le Dr Hubert Dupuis, ce rapport occulte totalement le contexte linguistique de la province, mais aussi les engagements du gouvernement provincial en matière d’égalité dans le système de santé.

«Ce rapport semble avoir été écrit sur les mêmes prémisses qu’avant l’entente entre Égalité santé en français et le gouvernement du Nouveau-Brunswick du mois d’avril 2010. Cette entente-là prévoit que la communauté a le droit d’avoir des institutions en santé et que ces institutions-là doivent être égales à celles des anglophones. Le rapport escamote tout ça. Il ne parle pas des deux communautés et ne parle pas des institutions de ces communautés. Il ne respecte pas l’égalité entre les institutions anglophones et francophones», déplore-t-il.

La ministre de la Santé, Madeleine Dubé, a rapidement rejeté l’idée de concentrer les services dans deux hôpitaux anglais, mais le développement des services de traumatologie n’en reste pas moins un enjeu important pour assurer l’égalité des francophones et des anglophones, selon Hubert Dupuis.

Selon lui, le gouvernement devrait développer les services de traumatologie au Centre hospitalier universitaire Dr-Georges-L.-Dumont, ainsi que dans le nord de la province.

«Les besoins de la province en traumatologie, du côté anglophone, je pense qu’ils sont mal remplis. Du côté francophone, je pense qu’on doit avoir un service tertiaire qui, à mon avis, devrait être situé à Georges-Dumont. Je crois aussi que, dans le nord de la province, tous les hôpitaux régionaux, c’est-à-dire ceux d’Edmundston, de Campbellton et de Bathurst, devraient être de niveau trois. Avec ça, le réseau Vitalité serait à même de s’occuper des polytraumatisés, sauf dans un cas, et ce serait les cas de neurochirurgie. Donc, nous pensons qu’il faudrait un centre de neurochirurgie à Georges-Dumont. Ça permettrait de couvrir pas mal tous les besoins de la province en traumatologie», explique Hubert Dupuis.

Il reconnaît que cela coûtera des sous, mais selon lui, l’essentiel c’est de répartir les investissements de façon équitable dans la province.

«Les anglophones aussi vont avoir besoin d’investissements. Mais que tu investisses du côté francophone ou du côté anglophone, tu es pris à investir. Puis, si le gouvernement décide qu’il ne veut pas investir en traumatologie, il a juste à le dire. Ce n’est pas le cas, la province dit qu’elle veut investir en traumatologie, alors qu’elle le fasse, mais qu’elle le fasse de façon égalitaire», insiste-t-il.