Un terreau propice aux drames

Monsieur Flemming, ministre de la Santé
Mme Madeleine Dubé, ministre du Développement social

Je reviens sur la question du drame entourant l’homicide commis par Jécy Arseneault alors qu’il souffrait de délires paranoïdes.

Les silos et les murs empêchant les gens de se parler sont plus hauts qu’ils n’ont jamais été. Même au sein du ministère du Développement social, les fonctionnaires des diverses divisions ne sont pas permis d’échanger entre eux les dossiers électroniques, uniquement des informations verbales, pour une question de confidentialité.

Du côté des familles, c’est pathétique. Elles prennent les mots qu’elles ont à leur disposition pour demander de l’aide, mais il n’y a pas d’écoute. On les repousse vers d’autres services ou on leur chante dans les oreilles que les services sont volontaires, qu’on ne s’occupe que des cas où le danger est imminent, qu’on doit amener leur enfant à l’urgence, sinon faire venir la police.

Les familles, évidemment, ne sont pas habilitées à émettre des diagnostics. Elles utilisent les mots de tous les jours pour décrire ce qui se passe avec leurs jeunes, mais ce qu’elles disent est minimisé, mal interprété et souvent banalisé, plutôt que vu comme des cris de détresse.

Je ne veux pas être alarmiste, mais je crois que la situation empire. Les cadres supérieurs sont sur la défensive et clament que les choses vont bien, qu’il y a toujours des lignes d’écoute, de la parenté et des bénévoles qui sont là pour aider, mais à force de se faire repousser par les professionnels, les gens finissent par baisser les bras.

Dans ces circonstances, est-il étonnant que des drames surgissent? Tant que les problèmes d’angoisse, de dépression, de désorganisation, de démobilisation et de mésadaptation seront tassés comme s’ils étaient de simples malaises incommodants, et qu’on continuera à pratiquer l’aveuglement volontaire ou sélectif, le terreau sera propice à l’apparition de drames comme celui survenu dans la famille Arseneault.

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