Scanneur inutilisé: «personne ne fermera l’interrupteur du jour au lendemain», promet le ministre Flemming

le jeudi 29 novembre, 2012

MONCTON – Le ministre de la Santé, Hugh Flemming, se penchera sur les nouvelles limites d’utilisation du scanneur TEP imposé par son ministère au Centre hospitalier universitaire Dr-Georges-L.-Dumont.

Le gouvernement provincial finance 1000 examens par année pour deux scanneurs à tomographie par émission de positons (TEP). L’hôpital de Saint-Jean a une limite de 600 examens alors que le CHU Dr-George-L.-Dumont, à Moncton, peut en faire passer 400.

Or, Fredericton a révisé la limite à laquelle le centre hospitalier de Moncton avait droit en la réduisant à 300 pour l’exercice financier en cours, donc jusqu’au 31 mars. Dans une lettre envoyée au Réseau de santé Vitalité, et qui a été rendue publique sur les ondes de la télévision d’État, mardi, le ministère explique que cette décision a été prise en raison du retard de l’ouverture du service provincial de TEP.

M. Flemming soutient qu’il révisera ce dossier personnellement et qu’il assistera à des réunions à ce sujet prochainement.

«Quand une personne met en place un budget, l’accepte tel qu’il est, juge que tout est correct et qu’à ce temps-ci de l’année elle change d’avis, il y a un problème. Et ce ministre de la Santé trouvera ce qu’est ce problème», a affirmé M. Flemming mercredi.

Le centre hospitalier universitaire francophone a obtenu son appareil TEP il y a cinq mois environ. Ce système d’imagerie médicale permet d’arriver à un diagnostic plus précis et d’éviter des biopsies inutiles permettant un traitement plus rapide du patient.

«Moi je vais opérer ou ne pas opérer selon les résultats du TEP. Comment a-t-on fait si longtemps sans ça? C’est sûr qu’on avait d’autres moyens, mais c’était moins bon. Nous en avons un dans un autre centre (Saint-Jean), mais la liste d’attente est tellement longue que je ne pouvais pas attendre jusqu’à ce que la patiente puisse obtenir son examen. Alors, je me débrouillais sans les résultats du TEP. Maintenant qu’on l’a, c’est une aide incroyable», a expliqué dans une récente conférence de presse la Dre Carole Williams, oncogynécologue au Centre d’oncologie Dr-Léon-Richard.

Le chef du service d’oncologie médicale, le Dr Skander Ghedira, craint qu’il devra envoyer des patients subir un examen à Saint-Jean, voire Halifax, alors que les premières neiges approchent.

«Je trouve que ce n’est pas raisonnable d’envoyer un patient faire une TEP à Saint-Jean ou à Halifax, surtout que l’hiver arrive, alors que nous avons une machine ici», a déclaré à l’Acadie Nouvelle le Dr Ghedira. La perte de ce service pendant quelques mois pourrait avoir des conséquences directes sur la santé des patients.

«Ce n’est pas par plaisir que nous demandons les TEP. Si un examen est demandé, c’est que le médecin en a vraiment besoin. Je pense que l’impact sera essentiellement sur la vitesse à laquelle les patients seront traités, car je peux vous assurer que la qualité des soins ne sera pas touchée», a-t-il ajouté.

Le ministre de la Santé n’exclut pas la possibilité que le nombre d’examens TEP financés par son ministère soit ramené à ce qui était originalement prévu, mais il analysera avant le budget pour s’assurer que la limite initialement prévue était bien raisonnable.

«Il est possible que le quota soit augmenté. Dans ce contexte, on fera ce qui est le mieux pour la santé de la population. Je ne pense pas que personne ne ferme l’interrupteur du jour au lendemain, ce n’est pas la vision de ce gouvernement. Ce n’est pas cependant pas rare qu’on doive changer ou apporter quelques petites modifications à un budget», a indiqué Hugh Flemming.