Santé: s’unir pour mieux s’organiser

Les commentaires récemment parus dans les médias à la suite de la réforme de la santé ont de plus en plus le don de me chatouiller
comme médecin pratiquant dans le Nord de la province depuis 14 ans.
La pénurie de personnel qualifié nous frappe durement depuis longtemps et l’énergie dépensée en recrutement et en maintien des
services de base a souvent forcé les gouvernements à réagir. Les résultats ne sont pas toujours appréciés!
Le noeud du problème demeure l’inégalité de l’offre pour les citoyens du Nouveau-Brunswick, qu’ils soient francophones ou anglophones.
La ruralité ne connaît que la dure réalité des distances à parcourir pour l’accès à des soins spécialisés!
Les rapports Robichaud, DesJardins, Martel, et j’en passe, abondent toujours dans le même sens. Les services tertiaires se retrouvent
presque toujours dans les villes du Sud. Le rattrapage ne s’est pas fait au fil des ans, tel que souhaité par bien des gens. Est-ce la
dualité Nord-Sud ou la dualité des langues officielles qui est en cause? Et que dire de la dualité entre francophones qui devraient
pourtant s’entendre sur une distribution équitable de nos gains collectifs en santé plutôt que de polariser encore l’accès entre nous? Les
trois quarts des francophones habitent dans le Nord. Il serait normal que, si services spécialisés il y a, ils se développent au moins à un
rythme égal que dans le Sud-Est. En attendant, le siège social de la future régie sera dans le Nord. Décision logique et courageuse! Un
certain document, rejeté d’emblée par certains, abondait dans le sens de ces corrections basées sur la logique démographique et la
géographie de nos régions. Dommage que la passion l’emporte souvent sur la raison!
La transparence n’est pas de mise actuellement dans les sphères de décision et de planification entre les régies tant anglophones que
francophones. Chacun tire la couverte et essaie de battre son voisin de vitesse pour s’approprier tel service ou spécialiste. Il en résulte
des compétitions déchirantes, des développements illogiques et des injustices flagrantes pour nos communautés.
La perception de transparence a un poids énorme dans l’attribution de la confiance. Cette réforme elle-même en passe le test
actuellement. Mais elle donne aussi un certain espoir à la majorité silencieuse des francophones pour qu’ils participent enfin à la grande
table de l’égalité de la francophonie comme partenaires à part entière dans un projet commun de développement social qui saura tisser
sur la trame de la collaboration et du respect.
Les progrès réalisés en Acadie tournent beaucoup autour de la sphère de l’enseignement. En santé, il faudra écouter les responsables
de ces succès pour encadrer nos discussions. La nouvelle faculté doit rayonner dans toutes nos régions pour réussir sa mission et
survivre. Ensemble, tout est possible. J’en appelle donc au dialogue et à la retenue afin de protéger ce fleuron qu’est le programme
d’enseignement francophone au Nouveau-Brunswick et de permettre ainsi son épanouissement futur.
Espérant que nos collectivités acadiennes et francophones saisiront l’occasion de s’unir pour mieux s’organiser et s’assurer l’accès à des
services de qualité en français partout dans la province, je demeure optimiste!

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