Santé: les moins nantis reçoivent plus, mais les riches vivent plus longtemps

le mardi 14 mai, 2013

GRAND-SAULT – Les Canadiens les moins nantis sont ceux qui profitent le plus des soins de santé publics, selon une nouvelle étude de l’Institut canadien d’informations sur la santé (ICIS). La différence s’amenuise toutefois sur toute une vie, puisque les plus riches vivent plus longtemps.

Selon Jérémy Veillard, porte-parole de l’institut, l’étude publiée mardi vient confirmer ce dont les chercheurs se doutaient déjà.

«Il y a eu beaucoup d’études qui portent sur les dépenses en santé sur une année, mais c’est la première fois qu’on a une étude plus fine qui porte sur toute la durée de vie d’une personne», affirme-t-il.

Selon l’étude, les personnes du quintile de revenus le plus bas – ceux qui gagnent en moyenne 17 500 $ par année – ont nécessité environ 3860 $ par personne en soins de santé en 2011. C’est 60 % de plus que celles du quintile le plus élevé, qui gagnent en moyenne 114 900 $ par année, et ont occasionné des coûts de 2410 $ par personne.

Cette différence est réduite à 15 % lorsque les chercheurs font la moyenne des coûts en santé sur toute une vie. Les personnes les plus pauvres reçoivent ainsi pour 237 500 $ en moyenne en soins de santé sur toute leur vie, alors que les plus riches en reçoivent pour 206 000 $.

La raison est que l’espérance de vie des personnes du quintile de revenus le plus élevé est plus longue d’environ cinq ans, période au cours de laquelle ces individus reçoivent plus de soins.

«Notre système de santé est basé sur un principe de solidarité, explique M. Veillard. C’est la preuve que le système fonctionne, puisque les quintiles de revenus les plus faibles reçoivent plus que ce qu’ils dépensent en taxes et en impôts pour le système de santé.»

La proportion du revenu qui sert à payer les soins de santé, par le biais des taxes et des impôts, est de 6 % pour les personnes les plus pauvres et de 8 % pour les plus riches. Elle serait de 24 % et de 3 % respectivement si les soins étaient entièrement privatisés.

Selon M. Veillard, cette étude permettra aux décideurs politiques d’évaluer l’impact sur toute une vie de leurs politiques en matière de santé.