Santé: le bâillon n’impressionne pas les francophones

MONCTON – L’imposition du bâillon par le gouvernement Graham pour limiter le nombre d’heures de débats sur le projet de loi 34 sur la gouvernance en santé ne recueille pas beaucoup d’appuis dans la communauté francophone.
Jeannot Volpé a parlé pendant plus de 30 heures consécutives sur le sujet, ce qui empêche de passer à la deuxième lecture du projet de loi. Le leader parlementaire a donc déposé une motion pour mettre un terme à ce stratagème, mercredi dernier. Cette motion sera
débattue mardi.
En attendant la suite de cette saga, deux groupes dénoncent les agissements du gouvernement Graham dans ce dossier. La Coalition de
la santé du Nouveau-Brunswick et le Comité pour l’égalité en santé exhortent le gouvernement Graham « à respecter les procédures
démocratiques en vigueur à l’Assemblée législative du Nouveau-Brunswick ». Ils qualifient les actions du gouvernement Graham comme étant « des attaques répétées aux principes de démocratie » dans le dossier de la réforme de la santé.
« Ça va dans la même veine que le reste de leur stratégie. Ils ont d’abord fait en sorte que le projet de loi 34 devienne loi dès la
première lecture, ce qui ne se voit jamais. Puis, ils ont poussé la chose un peu plus loin avec la clause 17 qui interdit tout recours
devant les tribunaux. Maintenant, ils mettent fin au débat », déplore Dr Hubert Dupuis, président du Comité pour l’égalité en santé.
Selon lui, le flibuste du chef de l’opposition était le seul recours disponible pour ceux qui sont contre la réforme.
« Ça nous a permis de nous donner du temps pour nous organiser.C’est certain que 30 heures (à parler du projet de loi), c’est beaucoup.
Mais c’est le seul recours que nous avions. Jusqu’à maintenant, le ministre Murphy n’a montré aucune ouverture par rapport aux
préoccupations des gens. Il a eu quelques belles paroles dans les médias, mais c’est tout », affirme Dr Dupuis.
Pour sa part, Roger Doiron, coprésident de la Coalition de la santé du Nouveau-Brunswick, estime que le gouvernement Graham
commence à jouer à un jeu dangereux.
« Le gouvernement de Shawn Graham pose de plus en plus de gestes dangereux contre la démocratie. Le gouvernement doit respecter la volonté des citoyens qui désirent un vrai débat sur les effets et les conséquences de la réforme de la santé », affirme-t-il.
La Coalition demande au gouvernement Graham d’abandonner son projet de loi et de lancer une vaste consultation publique sur la
santé.
« Le gouvernement Graham doit également, dans le respect des droits démocratiques, retirer son projet de loi et doit entreprendre une
vraie consultation publique par la publication d’un livre blanc sur l’état de notre système de santé », estime M. Doiron.
En bref…Selon le président du Comité pour l’égalité en santé, le premier ministreShawn Graham a refusé de rencontrer son
regroupement. Au dire de Hubert Dupuis, M. Graham se dit trop occupé pour écouter leurs doléances. « Ils semblent vouloir mener à
leur façon et imposer leur volonté s.ans discuter », mentionne  Hubert Dupuis.

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