Santé : Adélard Cormier appuie la contestation

Moncton – Très réservé depuis l’annonce de la réforme Murphy, le président du conseil d’administration de l’ex-Régie régionale Beauséjour, Adélard Cormier, a décidé de rompre le silence, hier. Il dit même appuyer moralement la contestation judiciaire qui est présentement en préparation.

Depuis l’annonce de la réforme Murphy, le 11 mars, les membres du conseil d’administration de l’ex-Régie Beauséjour ont cru bon de ne pas prendre la parole en public pour critiquer les changements imposés par le gouvernement Graham. Un mois et demi plus tard, alors que le projet de loi 34 est à la veille d’être adopté, le président du conseil d’administration de l’ancienne régie, Adélard Cormier, a tenu à mettre les pendules à l’heure.
« On avait espoir que le ministre allait voir la lumière et constater que sa réforme devait être réétudiée. Mais on voit bien que ce ne sera pas le cas et on veut dénoncer cette réforme », a-t-il expliqué, lors d’un entretien avec le journal, hier.

Le conseil d’administration de l’ex-Régie Beauséjour, poursuit M. Cormier, déplore le manque de consultation et la façon dont le gouvernement a imposé sa réforme (le projet de loi 34 est devenu loi en 1re lecture).
« Le ministre dit qu’il a consulté les régies, mais ce n’est pas ce qui s’est passé. Il nous a rencontrés pour nous présenter son plan de santé et il n’a jamais parlé de gouvernance. Lorsqu’on lui a posé des questions sur ce sujet, il nous a dit que la gouvernance viendrait plus tard », mentionne Adélard Cormier.

Finalement, la réforme de la gouvernance est venue avant le plan de santé…
« Il y a des gens qui ont siégé (au conseil) pendant cinq ou six ans et qui auraient aimé s’exprimer là-dessus avant que la réforme soit déposée », soutient Adélard Cormier.
Les services non cliniques
Une autre chose qui inquiète M. Cormier et les anciens membres du conseil d’administration est la perte de contrôle des francophones sur les services non cliniques. « Chaque fois que tu veux implanter un programme, ça prend de l’argent et c’est l’Agence des services non cliniques qui va déterminer ça. Ça veut dire que les francophones devront passer par l’Agence unilingue anglophone située à Saint-Jean pour adresser leurs
demandes », dénonce-t-il. « Le budget de la santé est de 2,3 milliards $ au N.-B. et le non clinique y est pour beaucoup. Nous perdons du contrôle et beaucoup d’emplois au profit de Saint-Jean », ajoute Adélard Cormier.

C’est pour ces raisons, avance M. Cormier, que le conseil d’administration de l’ex-Régie régionale de la santé Beauséjour accorde publiquement son appui moral à la contestation judiciaire de la réforme de la santé qui est en préparation.

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