RÉGIES: UNE CARTE ÉLECTORALE FRANCOPHONE RÉCLAMÉE

Égalité santé en français et l’Association acadienne et francophone des aînées et aînés du N.-B. proposent huit zones électorales francophones pour l’élection d’une partie des membres du conseil d’administration du Réseau de santé Vitalité en mai 2012.

Si l’échéancier du gouvernement provincial est respecté, les Néo-Brunswickois pourront à nouveau voter pour une partie de leurs représentants aux conseils d’administration des régies de la santé lors des élections municipales de mai 2012.

Ce droit leur avait été enlevé lors de la réforme de la santé du ministre libéral Michael Murphy en 2008.

En vue de l’atteinte de cet objectif, le gouvernement de David Alward a adopté en juin la Loi modifiant la Loi sur les régies régionales de la santé qui fait passer de 17 à 15 le nombre de membres votant au conseil d’administration de chacune des deux régies. Des 15 membres votants, huit seront élus par la population, les sept autres étant nommés par la ministre de la Santé.

Jusqu’au 14 septembre, le Comité permanent des soins de santé présidé par la ministre de la Santé, Madeleine Dubé, tient une série d’audiences publiques afin de connaître l’avis de la population sur la façon dont devrait se dérouler l’élection des huit membres élus par la population.

À Moncton, hier, des représentants du groupe Égalité santé en français et de l’Association acadienne et francophone des aînées et des aînés du N.-B. (AAFANB) ont tous deux plaidé en faveur de deux cartes électorales, l’une francophone et l’autre anglophone, divisées en huit régions. «Selon Égalité santé, l’on devrait changer toutes les limites électorales des régies de la santé afin que toutes les communautés francophones relèvent de la régie de santé Vitalité», a affirmé le président de l’organisme sans but lucratif, le docteur Hubert Dupuis.

Selon la proposition d’Égalité santé en français, l’entièreté du territoire néobrunswickois serait comprise à la fois dans une «carte de la santé» francophone et une autre anglophone. Un citoyen, peu importe où il se trouve dans la province, ferait ainsi partie de l’une des huit régions de la «carte de la santé» francophone et de celle anglophone. Au moment des élections, il devrait faire le choix de participer à l’élection d’un représentant au conseil d’administration du Réseau de santé Vitalité, ou d’un représentant du Réseau de santé Horizon. «Nous avons adopté ici le même principe qui a été établi en éducation, à savoir que tous les francophones, peu importe leur lieu de résidence, ont le droit d’être desservis par la régie francophone, de gérer et de gouverner la régie francophone Vitalité» d’expliquer le docteur Dupuis.

Le médecin a pris bien soin de rappeler que cela n’altère en rien le «droit individuel» de chaque patient d’être soigné dans la langue de son choix, que ce soit dans une institution de l’une ou l’autre des deux régies de la santé.

Le directeur de l’AAFANB, Jean-Luc Bélanger, a lui aussi présenté vendredi au comité permanent des suggestions très semblables. Dans les faits, les deux groupes proposent sensiblement la même chose. Les membres élus et nommés au conseil d’administration du Réseau de santé Vitalité devront être capables de «lire, parler et écrire en français», a ajouté Hubert Dupuis.

Les individus et les organismes ont jusqu’au 12 septembre pour soumettre par écrit leurs recommandations au Comité permanent des soins de santé. La ministre Madeleine Dubé prévoit que le comité déposera son rapport cet automne.