Quel bris de confidentialité?

Égalité santé en français (Égalité Santé) questionne les affirmations de la présidente du Conseil d’administration du réseau Vitalité à l’effet que madame Norma McGraw « n’aurait pas respecté certaines politiques de confidentialité, sans pour autant préciser de quelles politiques il s’agit », selon un reportage de Radio-Canada du 26 février dernier.

Égalité Santé a toujours soutenu que trop de décisions sont prises à huis clos ou sont décidées par le directeur général, Gilles Lanteigne, sous le prétexte qu’elles sont « opérationnelles ». Ceci étant dit, il faut refaire le fil des événements pour savoir qui, au niveau du Conseil d’administration de Vitalité, a parlé en premier de cette fameuse résolution sur le plan de fermetures des urgences.

Le 19 février dernier lors de la comparution de Vitalité au Comité des comptes publics, le député Bourque pose une question et Gilles Lanteigne répond :

« M. Bourque : D’ailleurs, vous avez parlé du conseil d’administration, et cela me fait poser la question suivante : Suite à la réforme qui a été annoncée hier, est-ce que le conseil d’administration du Réseau de santé Vitalité a été mis au courant et a été partie prenante dans toutes les discussions et à l’annonce qui s’est faite mardi dernier?

Mme Paulin : Absolument. Le conseil d’administration était non seulement au courant mais était aussi d’accord avec l’annonce. Le conseil a été informé de façon très régulière sur les progrès de cette réforme, dans le sens où, à mesure que les discussions se poursuivaient, lors de chaque réunion du conseil, et ce, depuis le mois de mars 2019, nous avons eu un briefing du conseil par rapport à ces discussions.

« M. Bourque : Donc, vous dites que le conseil d’administration était d’accord avec les réformes qui ont été proposées ; est-ce bien ce que vous dites?Lanteigne : Oui, lors de sa réunion en décembre, le conseil d’administration a approuvé une résolution en bonne et due forme et qui a été adoptée.

 Bourque : Y aurait-il moyen de voir cette résolution?

Lanteigne : Cette résolution a été prise à huis clos ; donc, elle n’est pas encore disponible. »

Ces réponses sont tirées de la transcription fournie par le gouvernement.

Madame McGraw a démenti cette affirmation le 26 février dans les termes suivants :

« Lors de la réunion à huis clos du 10 décembre 2019, je désire aviser la population qu’aucune résolution en bonne et due forme pour ou contre la fermeture des urgences ou sur le changement de vocation de ces petits hôpitaux ne fut présentée au Conseil. »

Comment pouvons-nous affirmer que Madame McGraw n’a pas respecté le fameux code de conduite ou de confidentialité alors que les détails de cette rencontre à huis clos ont été divulgués par Michelyne Paulin et Gilles Lanteigne qui sont aussi membres du Conseil d’administration.

Ce code de confidentialité ne peut pas servir à couvrir des inexactitudes. Madame McGraw et deux autres membres ont corrigé les affirmations de Michelyne Paulin et de Gilles Lanteigne tout simplement.

Il est à souhaiter que les autres membres ne se cacheront pas sous ce code de confidentialité et donneront leur version sur la position ou l’absence de position prise par le Conseil d’administration.

Madame Paulin a affirmé que le Conseil d’administration était redevable au ministre et à la population. Nous devons donc connaître le contenu des discussions et la résolution s’il y a lieu entourant la réunion à huis clos de décembre 2019 portant sur le « Plan d’action des régies régionales de la santé ».

Nous venons d’apprendre que le Conseil d’administration de Vitalité tiendra une réunion à huis clos le 13 mars prochain. Le public a le droit de connaître le texte qui a été adopté le 10 décembre dernier et ceci avant même la réunion du 13 mars prochain.