Patients et médecins sont à l’étroit au Centre d’oncologie Dr-Léon-Richard

le lundi 26 novembre, 2012

MONCTON – Mieux vaut prévenir que guérir. C’est ce vieil adage qui nous vient en tête lorsque le Dr Skander Ghedira s’exprime sur l’avenir du Centre d’oncologie Dr-Léon-Richard.

Mercredi matin, il est à peine 9 h. Chaque siège de la salle d’attente du centre d’oncologie, rattaché au Centre hospitalier universitaire Dr-Georges-L.-Dumont, est occupé. Il faut dire que l’établissement traite chaque année plus de 1700 nouveaux patients atteints d’un cancer, en plus de donner au-delà de 26 000 traitements de radiothérapie et 5000 traitements de chimiothérapie.

Selon le Dr Ghedira, chef du service d’oncologie médicale, ces chiffres augmenteront au cours des prochaines années. Il plaide donc en faveur d’un agrandissement ou même de la construction d’un nouveau centre afin d’éviter une situation intenable d’ici 10 ans.

«À partir de 2017 ou 2018, on commencera à sentir que nous sommes vraiment à l’étroit. Là, il faudra faire quelque chose. Il faut alors commencer à y penser maintenant pour qu’en 2022 un nouveau centre ou un agrandissement soit déjà construit», a expliqué l’oncologiste, lors d’une entrevue à l’Acadie Nouvelle dans les locaux du centre.

Les patients seront plus nombreux dans 10 ans parce que des cancers sont diagnostiqués chaque jour, mais aussi parce que la médecine fait des progrès et que les gens atteints vivent beaucoup plus vieux. Ils visitent donc plus longtemps le centre d’oncologie pour des suivis et recevoir des traitements.

«Pour le cancer du rein en 2007, je voyais les patients et je n’avais aucun traitement à leur proposer. On voyait ces patients une seule fois et le médecin de famille faisait le suivi parce que, malheureusement, il n’y avait rien à faire. Maintenant, nous avons cinq traitements standards pour le cancer du rein. En plus, il y a des essais cliniques sur d’autres traitements», cite en exemple le Dr Ghedira.

À plus long terme, l’oncologiste prévoit que les personnes qui souffrent d’un cancer pourront vivre comme d’autres le font avec des maladies chroniques, le diabète par exemple.

«Une personne atteint d’un cancer vivra comme une personne atteinte d’hypertension ou d’un type de diabète. On ne guérit jamais cette personne, elle vit avec son diabète ou son hypertension. À long terme, le cancer, ça sera ça. Les gens vont vivre avec leur cancer, mais ils vont mourir de quelque chose d’autre», a mentionné le Dr Ghedira.

Il faudra alors plus d’oncologues pour pallier la hausse du nombre de patients.

Cinq oncologues médicaux, deux oncogynécologues, en plus de quatre radio-oncologistes se partagent le travail dans le centre. Deux autres spécialistes devraient s’ajouter à l’équipe d’ici deux ou trois ans.

Le Dr Ghedira espère donc que le Réseau de santé Vitalité sera «proactif» en ce qui a trait à l’avenir du Centre d’oncologie Dr-Léon-Richard, un peu à l’image de l’Hôpital de Moncton qui a déjà prévu d’importants travaux d’agrandissement à son centre d’oncologie. Des travaux qui devraient se terminer en 2015.