Pas de statut particulier pour le CHU Dr-Georges-L.-Dumont

le mercredi 6 février, 2013

MONCTON – Le Centre hospitalier universitaire Dr-Georges-L.-Dumont ne quittera pas le giron du Réseau de santé Vitalité.

Le ministre de la Santé, Hugh John Flemming, a été très clair sur la question, mercredi.

«Il n’y aura pas de statut spécial pour Dumont. Ça n’arrivera pas. Nous avons deux réseaux de santé, un pour une communauté (francophone) et un second pour l’autre communauté et ça fonctionne», a déclaré le ministre lors d’une entrevue téléphonique.

Le ministre ferme ainsi la porte aux revendications des médecins et des dentistes du principal centre hospitalier francophone de la province. Ceux-ci se sont réunis à la mi-janvier pour signaler leur totale insatisfaction à l’égard du Réseau de santé Vitalité et exiger leur propre structure de gouvernance.

Les médecins et les dentistes de Georges-L.-Dumont veulent sortir leur établissement de la bureaucratie «nuisible» de Vitalité pour le remplacer par un conseil d’administration «indépendant et autonome» et «gérer notre propre main-d’oeuvre», a expliqué leur président, le Dr Hubert Dupuis.

D’après le ministre Flemming, l’insatisfaction des médecins et des dentistes est cependant très loin de se refléter chez les patients.

«Où sont les patients dans toute cette histoire? Je n’entends pas les patients se plaindre, dire que Georges-L.-Dumont est un hôpital terrible avec de mauvais services. Je ne comprends pas quel est le problème de ce point de vue là. Le taux de satisfaction des patients est extrêmement élevé dans cet hôpital», a assuré Hugh John Flemming.

Le Dr Dupuis affirme plutôt que la lourdeur et la lenteur de la bureaucratie chez Vitalité empêchent le centre hospitalier d’obtenir les ressources et la main-d’oeuvre pour offrir aux patients les soins adéquats. Il déplore également le manque de leadership du Réseau de santé dans des dossiers comme le Centre de santé du sein, des rénovations du bloc opératoire et la concrétisation du statut de centre hospitalier universitaire.

Hugh John Flemming n’a pas l’intention de changer la loi de 2008 qui a fait passer de huit à deux le nombre de régies régionales de la santé.

En ce qui concerne le mécontentement des médecins de l’hôpital Dr-Georges-L.-Du­mont, le ministre de la Santé s’en remet au nouveau président-directeur général de Vitalité qu’il vient lui-même de nommer, Rino Volpé. «M. Volpé vient tout juste d’être nommé. C’est un homme de très grande qualité et j’ai confiance en lui. Il a un travail à faire et il va le faire», a-t-il confié.

Hubert Dupuis ne se fait cependant pas d’illusion.

«En quatre ans et demi, nous avons eu quatre PDG et trois présidents du conseil d’administration. Un seul homme ne pourra pas régler la situation», a prévenu le médecin.

«Je ne m’attendais pas à ce que le ministre dise oui à toutes nos demandes aujourd’hui», a admis le président du corps médical, ajoutant que les revendications de son groupe n’allaient pas non plus s’arrêter. Le Dr Dupuis espère notamment discuter face à face avec le ministre.

Le Réseau de santé Vitalité a refusé de commenter la demande des médecins et des dentistes du Centre hospitalier universitaire.

«Alors que nous prenons connaissance de ce dossier, nous engagerons des discussions à l’interne avec les professionnels pour entendre leurs doléances, et ce, dans les tribunes appropriées. Aucun autre commentaire ne sera émis à ce sujet.»