Orthopédie: un système qui fonctionne

le mardi 16 août, 2011

Madame la ministre Dubé, nous vous écrivons cette lettre, à titre de chefs du service d’orthopédie du Centre hospitalier universitaire Dr-Georges-L.- Dumont et du Moncton City Hospital, après avoir lu le rapport final du groupe Hay à propos de la révision du système de traumatologie (Trauma System Review).

Nous reconnaissons qu’il y avait des lacunes dans le passé dans la communication entre les différents intervenants qui s’occupaient de la traumatologie à travers la province. Nous croyons que la mise en place de la ligne 1-800 fut une bonne recommandation du groupe Hay.
Cependant, nous sommes déçus et surpris que ce groupe ne nous ait pas consultés en tant que groupe d’orthopédistes de la région de Moncton pour connaître notre expérience et nos idées pour le rapport final du Trauma System Review. Il est un peu malhabile et étonnant pour une firme de consultants de ne pas connaître l’opinion de notre groupe qui œuvre depuis 35 ans dans la région de Moncton. Nous croyons qu’il est présomptueux d’émettre un rapport qui traite en bonne partie de notre travail lors de nos gardes sans que nous ayons été consultés.
Nous sommes également surpris de constater en page 3 du rapport, le manque d’information évidente de ce groupe de consultants concernant notre efficacité de faire la garde afin d’offrir une couverture de la région de Moncton et des environs, en plus de desservir la région d’Amherst en Nouvelle-Écosse. S’ils avaient fait leur travail de consultation avec plus de rigueur, cette malencontreuse erreur ne se serait pas glissée dans le rapport final.
Nous pouvons vous assurer que depuis au moins 15 ans que notre système de couverture existe, il y a toujours eu une garde combinée en orthopédie 24 h sur 24, 7 jours par semaine dans l’un ou l’autre des centres hospitaliers de la région de Moncton.
Nous nous partageons le travail efficacement, chacun à tour de rôle prenant la garde occupée de traumatologie tandis que l’orthopédiste de l’autre centre hospitalier termine les cas de traumas qui n’ont pas été effectués durant la journée précédente, en plus de faire la garde orthopédique de son hôpital respectif. Cette couverture ne concerne pas uniquement les fractures, mais exige également de s’occuper en urgence des cas non traumatiques comme les patients avec un cancer métastatique avec besoin de soins chirurgicaux, les cas d’infection musculo-squelettique et les conditions spinales nécessitant une intervention d’urgence. Lors de notre garde, nous devons également être consultants pour tous les autres patients hospitalisés incluant certains patients de nos urgences.
Nous sommes toujours deux orthopédistes en appel chaque jour, et pratiquement chaque soir il y a deux orthopédistes qui font des chirurgies pour des patients avec besoins d’interventions chirurgicales d’urgence.
En ayant deux orthopédistes de garde en même temps dans la région de Moncton, cela est avantageux pour nous et ça nous permet de nous consulter ou de nous entraider au besoin. Le grand avantage que le groupe Hay n’a pas su voir est qu’il y a en tout temps, à Moncton à chaque jour, deux salles d’opération disponibles ouvertes pour faire face à toute éventualité.
Notre position comme intervenants indispensables en traumatologie est que notre système de couverture de garde actuel est très bien adapté à la grande région de Moncton. Au cours des années, notre système a prouvé son efficacité. Nous sommes convaincus qu’il répond bien aux besoins en orthopédie du territoire que nous desservons.
Madame la ministre vous devez faire confiance à notre groupe d’orthopédistes de la région de Moncton qui cumule à nous tous au-delà de 100 ans de pratique orthopédique dans la région de Moncton. Nous connaissons bien notre population.  Nous avons développé avec les années un système de travail très performant avec les ressources disponibles adaptées à la population du Sud-Est. Nous considérons que notre façon de faire la garde entre les deux centres hospitaliers est très efficace.
Malheureusement, le groupe Hay veut développer un système à la torontoise ou basé sur la façon de faire des grandes métropoles américaines telles New York et Miami. Vous n’êtes pas sans savoir que ces systèmes sont basés sur des ressources humaines que nous n’avons pas. Dans ce système, l’orthopédiste de garde est supporté par de nombreux résidents en orthopédie qui effectuent la majeure partie de son travail.
Nous considérons que notre façon de faire la garde entre les deux centres hospitaliers a été réfléchie et adaptée au cours des années, il est beaucoup plus sécuritaire que le système suggéré par le groupe Hay, qui à notre avis, aura sa part de ratées.
Chère madame la ministre, comme groupe d’orthopédistes, nous sommes solidaires. Nous ne pouvons pas accepter la recommandation de transférer toute la traumatologie vers un centre hospitalier unique. Nous ne sommes pas d’accord à ce que le Centre hospitalier universitaire Dr.-Georges-L.-Dumont perde sa désignation de niveau 3 en raison d’une erreur de compréhension commise par ce groupe de consultants au sujet de la couverture des gardes en orthopédie dans la région de Moncton.

 

Dr Hervé David
Chef du service d’orthopédie
Centre hospitalier universitaire Dr-Georges-L.-Dumont

Dr Steven Massoeurs
Chef du service d’orthopédie
The Moncton City Hospital

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