« La Régie A va fonctionner en français »

BATHURST – À tous les opposants de la réforme de la santé qui brandissent la carte de la langue pour la jeter aux orties, là encore,
Aldéa Landry, la présidente de la Régie francophone désignée par la lettre A soutient que les institutions vont continuer à fonctionner
dans leur langue d’usage.
« Je peux vous assurer que la Régie A va fonctionner en français et que la restructuration au niveau de la gouvernance n’affectera en
rien le statut linguistique ou culturel des institutions. L’Hôpital régional Georges-L.-Dumont et celui d’Edmundston se sont déclarés des
institutions francophones et rien ne sera changé à ces situations », avance-t-elle.
« Je suis une Acadienne, une francophone et je sais comment nous avons travaillé très fort pour obtenir les services et la reconnaissance
de nos institutions. Comme présidente de la Régie A, je vais m’assurer que cette situation-là, non seulement ne change pas, mais
qu’elle soit protégée et que nous continuions à améliorer les services et la collaboration en matière de santé pour tous les francophones
du Nouveau-Brunswick », a conclu Mme Landry.

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La langue et la confiance

Ce n’est pas la première fois que nous le soulignons, le dossier de la santé dispose de l’étrange pouvoir de diviser les communautés. Est-ce dû aux politiciens? Est-ce dû à la méfiance accumulée dans nos communautés à tout ce qui touche les décisions politiques sur la
santé?
Dans le dossier de la réforme des régies de la santé, le ministre de la Santé, Michael Murphy, est le premier et le seul responsable de la
méfiance qui s’est manifestée et qui persiste à l’égard de ses intentions. Il y a un peu plus d’un an que la presse avait informé les
citoyens que le ministre Murphy s’apprêtait à diminuer le nombre de régies, à passer de huit à deux. M. Murphy, pendant tout ce
temps, et systématiquement à chaque fois que la question lui a été posée, niait contempler une telle réforme. Il a finalement annoncé le
11 mars ce qu’il niait depuis un an avoir comme intention.
Lors de cette annonce du 11 mars, nous avions rapporté dans nos pages que le ministre Murphy créait deux régies, l’une anglophone,
l’autre francophone. Les réactions initiales de la communauté acadienne et francophone étaient généralement favorables, parce que tout
le monde avait compris la même chose. Hélas, nous avions tous mal compris… selon les politiciens.
« Pas question de dualité linguistique au ministère de la Santé », ont répliqué le premier ministre et le ministre de la Santé. Ce n’est donc
pas une régie francophone et une régie anglophone qui ont été créées, mais bien la Régie A et la Régie B. Le gouvernement ne veut pas
« créer de précédent » qui le forcerait à s’engager sur la voie de la dualité. Quelle pitoyable attitude!
Si nous convenons qu’il faut maintenir à un niveau raisonnable les frais de gestion du système de santé, en se fiant aux réactions
initiales des principaux porte-parole de la communauté acadienne, l’existence d’une régie francophone aurait représenté un compromis
fort acceptable. Qui plus est, accepter que tel soit son statut ne coûte pas plus cher que de la nommer Régie A.
Sans que cela leur coûte plus cher qu’ils ne l’avaient planifié, le premier ministre et le ministre de la Santé ont raté une belle occasion
de mettre en oeuvre un concept de gestion respectueux des deux communautés linguistiques de la province tout en atteignant l’objectif
de réaliser des économies. Nier ses intentions pendant un an, refuser d’accéder à une vision raisonnable de la communauté acadienne
et enrober tout cela d’un pare-feu judiciaire qui ferme la porte à toute négociation ou contestation, le ministre ne pouvait pas mieux
préparer les ingrédients de la méfiance et de la discorde.
Que ce soit pour les services de laboratoire de cathéter cardiaque ou pour le centre de traumatologie, sans compter l’appui acquis
depuis longtemps pour les services oncologiques, nous avons toujours appuyé, en exprimant le voeu de la communauté acadienne, que
ce soit « notre grand hôpital », Georges- L.-Dumont, qui soit le centre hospitalier spécialisé francophone de la province. Le succès de la
campagne de financement L’arbre de l’espoir n’en est-il pas un témoignage éloquent? Les arguments employés par les professionnels de
la santé à l’hôpital Georges-L.-Dumont ont de quoi surprendre la communauté acadienne du Nord qu’on accuse de vouloir dégarnir
Georges-L.-Dumont, ou de représenter un frein à son développement.
La communauté acadienne doit rester unie et rassemblée autour du même objectif: poursuivre le développement de Georges-L.-
Dumont. La communauté et le journal y veilleront vigoureusement. Pour continuer à progresser, ce grand hôpital doit continuer à
manifester son ouverture et son intérêt à travailler avec toute la communauté acadienne du N.-B., plutôt que de se replier et chercher
le confort autour d’un groupe restreint qui partage le même code postal.
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Volpé discourt depuis plus de 25 heures

FREDERICTON – Jeannot Volpé a complété, à 18 h, hier, 25,5 heures d’obstruction parlementaire à l’Assemblée législative.
Le chef de l’opposition dénonce, entre autres, que la réforme de la gouvernance en santé, telle que l’a proposée le ministre Michael
Murphy, est déjà en branle alors que le projet de loi n’a pas traversé toutes les étapes procédurales de l’Assemblée législative.
Le leader de l’opposition a commencé son filibuster sur le projet de loi 34 la semaine dernière. C’était, hier, la sixième journée où il
s’est accaparé le plancher de la Chambre dans le cadre de l’étude du projet de loi en 2e lecture.
Le chef par intérim du Parti progressiste-conservateur ne laisse transpirer aucun signe d’épuisement, bien qu’il répète ad nauseam les
mêmes propos.
M. Volpé a indiqué qu’il n’avait pas l’intention de mettre un terme à cette tactique parlementaire tant que le ministre de la Santé ne
convoquera pas les membres des conseils d’administration des huit régies régionales de la Santé devant le Comité des corporations de
la Couronne pour que les élus puissent leur poser des questions sur la gestion du système de santé. – CAG

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Un décalage important entre les deux régies

MONCTON – Le Comité pour l’égalité des soins, créé à la suite de l’annonce de la réforme, prévoit intensifier les pressions auprès du
gouvernement et voit le début d’un mouvement important qui s’opposera à la création des deux régies de la santé.
Lors de la conférence de presse d’hier, les intervenants se sont montrés confiants et ne se sont pas gênés pour montrer leur
mécontentement, malgré la demande du ministère de ne pas parler aux médias.
Les nombreux employés de l’Hôpital Dr-Georges-L.-Dumont et autres invités les ont fortement appuyés à quelques reprises en
applaudissant chaudement leurs propos.
« Nous-mêmes avons reçu la consigne de ne pas parler aux médias », a fait savoir le président du Comité pour l’égalité des soins, Hubert
Dupuis.
Tout le personnel aurait reçu une note de service du ministère de la Santé leur demandant de ne pas commenter la réforme.
Les médecins ont également répondu à la récente sortie du ministre de la Santé, Mike Murphy, qui disait avoir été mis au courant du
projet de l’hôpital universitaire seulement quelques jours plus tôt.
Selon eux, le ministre aurait eu une présentation détaillée du projet il y a plus d’un an, par la présentation du plan stratégique de la
Régie.
Les médecins ont aussi dénoncé à leur tour la composante du projet de loi qui empêche toute action judiciaire contre la réforme.
Lors de la conférence de presse d’hier, des tableaux montrant une inégalité entre les services médicaux offerts par les deux régies ont
été distribués.
La colonne de la Régie A qui desservira les régions francophones est vide, tandis que celle de la Régie B est bien garnie.
« Les régies ne donneront pas de services équilibrés. Il y aura un décalage important entre les deux régies de santé », a commenté Dr
Dupuis.
« Nous avons maintenant, avec la réforme, un système des soins de santé au Nouveau-Brunswick uniformisé (…) Nous avons fait un
espace pour les deux côtés, pour les deux communautés linguistiques », a indiqué le ministre de la Santé, en réponse à l’analyse des
médecins de la Régie Beauséjour. – JÉ

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Gestion à distance: une mauvaise idée, croient les médecins du Sud-Est

MONCTON – Un groupe de médecins de la Régie de la santé Beauséjour s’est officiellement opposé à la création de deux régies de la
santé, hier, à Moncton. Ils ne veulent pas d’une gestion à distance et estiment que les services offerts de part et d’autre seront
déséquilibrés et défavoriseront les francophones.
Ils disent que l’une de leur principale préoccupation a trait à la gestion à distance. Ils croient que la centralisation administrative
compliquera la vie des professionnels, et cela, au détriment des soins quotidiens donnés aux patients.
« Dans un hôpital, nous sommes confrontés tous les jours à des situations qui demandent des réactions rapides. Comment les
gestionnaires, qui seront éloignés, pourront-ils réagir efficacement, alors qu’ils seront loin des équipes médicales, qui ont souvent besoin
de décisions rapides pour intervenir adéquatement », a expliqué le président du Comité pour l’égalité en santé, Hubert Dupuis, et
membre du conseil d’administration de la Régie Beauséjour.
Ce Comité a été formé à la suite de l’annonce de la réforme sur la santé du ministre Murphy.
Dr Dupuis a également mentionné que la gestion à distance aura un effet négatif sur la mobilisation et la motivation du personnel et
engendrera une perte du sentiment d’appartenance.
Il croit que le recrutement sera plus difficile en raison du grand territoire qu’occuperont les régies.
Denise Gallant, présidente du Conseil des médecins de l’Hôpital Stella-Maris, de Saint-Anne-de-Kent, a parlé de l’importance de la
collaboration au sein de la régie actuelle, notamment avec les médecins de l’hôpital Dr-Georges-L.-Dumont qui vont à son établissement
pour combler des besoins de personnel.
« À toutes les fois que je vais avoir besoin d’aide dans mon urgence, parce que vous savez que dans les régions rurales on a parfois de
la difficulté à avoir des médecins et des infirmières, et que je vais m’adresser à Bathurst (où sera situé le siège social de la Régie A)
pour avoir de l’aide, ça ne marchera pas », a avancé Dre Gallant.
Elle craint que si les ressources ne sont pas suffisantes à son hôpital et qu’elle ne peut pas combler les besoins, l’urgence et des lits
devront fermer et l’hôpital s’éteindra à petits feux.
« Je parle pour la région rurale de Kent, mais ça implique toutes les régions rurales partout dans la province », a-t-elle ajouté.
« D’après moi, le résultat final sera que nous, les médecins, qui fournissons les soins auprès des malades n’aurons plus de poids à
l’intérieur des institutions respectives », a pour sa part indiqué une des membres du Conseil des médecins, Denise Melanson-Candela.
Celle-ci voit déjà les projets locaux ou régionaux se retrouver sous une pile de priorités dans une administration centralisée

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