Il y a toujours de l’espoir

Nos luttes plongent leurs racines dès les débuts de l’Acadie et, si on s’en souvient, il y aura de l’espoir pour obtenir les soins de santé
qui seront le reflet de notre communauté.
Il y a toujours de l’espoir, car les médecins et les professionnels de la santé à Georges-Dumont et ailleurs se conscientisent, se
mobilisent pour faire en sorte que cette réforme convienne aux aspirations de la population acadienne. Si on vous dit qu’un petit félin
poilu à quatre pattes, aux oreilles pointues, ronronne dans votre salon et miaule comme un chat, eh bien, cela doit être un chat, alors
pourquoi ne pas nommer les choses par leur nom, Régie A = francophone, Régie B = anglophone. On pourrait plus facilement laver
notre linge sale en famille. J’imagine qu’on ne veut pas nommer les choses ainsi dans un texte de loi, car il faudrait alors offrir des
services équivalents pour les Acadiens comme pour les anglophones, ce qui n’est pas le cas actuellement, étant donné que la Régie B
(qui dans les faits est anglophone) a des services de pointe que n’a pas la Régie A. On a bien peur de donner trop de pouvoir aux
Acadiens, au cas où ils en demanderaient encore plus pour gérer leurs propres affaires. La lettre A ne signifie pas toujours la première
place; j’aimerais alors qu’on devienne la Régie B, mais avec tous les services… Vaut mieux le fond que l’enrobage, tout comme ce n’est
pas parce que dans certains discours publics on dit mesdames et messieurs dans l’ordre que l’équité salariale existe.
Il y a de l’espoir à voir ces jeunes médecins qui font leur stage à Georges-Dumont essaimer dans toute la province, y compris les
villages. Bien sûr, tous les humains sont égaux, mais lorsqu’un jeune professionnel s’installe dans un village où l’exode des jeunes est
important, cela donne un signal positif. Je n’ai qu’à penser au Dr Gilbert Blanchard (son épouse d’origine québécoise enseigne au
Campus de Shippagan) qui est revenu dans la Péninsule et a ouvert son bureau dans la mairie de Bas-Caraquet, ce qui attirera aussi un
autre jeune médecin. Il y a de l’espoir, même si le taux d’épuisement professionnel est élevé chez les professionnels de la santé,
compte tenu de leur rythme de vie souvent infernal, mais les gens sont de plus en plus conscients de cela en leur apportant un soutien
communautaire important.
Il y a de l’espoir pour les Acadiens, car en classant mes notes historiques, je suis tombé (sans me faire mal) sur un texte écrit avant la
Déportation et dans un autre contexte: « Les Acadiens ont presque sucé avec le lait (au sein) l’air d’indépendance qu’ils ont contracté… »
Tout cela pour dire que nos luttes plongent leurs racines avec des airs d’autonomie dès les débuts de l’Acadie et que, si on s’en
souvient, il y aura de l’espoir pour obtenir les soins de santé qui seront le reflet de notre communauté.
L’espoir. Chez les suicidaires, on évalue de près le niveau de désespoir, mais ce qui rassure souvent, c’est que même en dépit d’un état
dépressif profond – cela peut paraître paradoxal -, si le patient a de l’espoir et que dans sa tête il y a une fenêtre, il y a alors une porte
de sortie…
Il y a espérance à assister au Trivthon Nazareth sous la présidence d’honneur de Viola Léger. La maison Nazareth héberge et nourrit des
gens dans le besoin et, chaque année, des bénévoles amassent des fonds, le tout se terminant au CEPS de l’Université. Samedi soir
dernier, un quiz réunissait près de 80 équipes de huit participants, chacune répondait à une série de questions tous azimuts. On y
retrouvait autant une question portant sur le petit village de Saint-Paul-de-Kent qui, au XIXe siècle, reçut de l’aide de l’empereur
Napoléon III (belle publicité pour le dépliant touristique et petit musée peut-être sur ce monarque), en passant par Marion Cotillard qui
a gagné l’Oscar comme meilleure actrice sur la vie d’Édith Piaf dans La vie en rose. J’ai appris que la somme dépensée en chocolat – et
pas toujours de meilleure qualité – au Canada, l’an passé, était de plus de 2 milliards $; cela donne de l’espoir pour les fabricants, mais
pas pour les personnes obèses ou diabétiques. Concernant le bénévolat, il y a un courant de pensée pour les causes sociales et
humanitaires qui cherche à se délester des responsabilités gouvernementales sur les citoyens, ce qui est très pernicieux. Je ne crois pas
toutefois que le gouvernement puisse tout prendre en charge, à moins de hausser les taxes (ou vivre dans un autre système
économique impraticable dans le système capitaliste) tout comme le citoyen ne doit pas être investi de responsabilités qui incombent à
l’État. Il y a un juste équilibre entre celui de donner et celui de recevoir et la formule de la maison Nazareth est intéressante. Au
Trivthon, il n’y avait pas de pauvres visibles à première vue et les gens étaient contents de donner quelques sous tout en ayant du
plaisir en groupe tout en témoignant de traditions de générosité. Intéressant aussi, car la connaissance est valorisée, une formule à
étendre partout en Acadie.
Il y a de l’espoir pour les liens Nord-Sud et pour la production cinématographique acadienne avec Belle-Baie, dont l’histoire fut filmée à
Bouctouche et à Caraquet. Une belle série et la table semble mise d’une façon invitante. Certains diront qu’il y a un déséquilibre par
rapport à la priorité donnée aux comédiens acadiens, mais les responsables n’ont pas eu le choix, je crois, passage oblige pour le
moment. Félicitations à René Blanchar, à Cécile Chévrier et à toute l’équipe de ce beau projet qui continue.

Régies: des inquiétudes fondées

Je réfère à la lettre de Weldon McLaughlin, publiée le 5 avril.
L’un des dangers que présente la réforme de la santé du gouvernement Graham est la gestion à distance qui affectera tous les
professionnels de la santé de la province dans toutes les régions.
Nous défendons le français comme langue d’accès aux services tertiaires. Cela touche particulièrement les francophones du Nord.
Toutes les régies existantes se trouvent décapitées, y compris celles du Nord francophone, tout comme les régies traditionnellement
anglophones. Les services cliniques existants ne sont pas immédiatement touchés, mais ils le seront au moins indirectement à moyen
terme. La capacité de réaction aux problèmes locaux sera touchée sérieusement.
C’est notre capacité d’innovation, de développement, d’éducation et de recherche qui sera sévèrement touchée. Cela nous touche déjà
dans nos efforts de recrutement et touchera tout le monde.
Si vous êtes tenté d’écouter ceux et celles qui tentent de nous rassurer, allez voir l’hécatombe qu’une réforme semblable a faite au
Québec. Vous verrez que nos inquiétudes sont fondées.
Notre effort vise l’épanouissement de tous les francophones.
Nous apprécions que vous nous rappeliez que nous ne l’avons pas assez dit.

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Why health reform requires major structural chang

Very few Canadians would deny that Canadian health care is flawed. Costs are high,
access is uneven, and wait times are among the worst in the world. When our system is compared to that in the U.S.,
the discussion often gets fixated on the dangers of privatization and the benefits and problems of introducing market
forces into health care. Instead, it can be instructive to look to other jurisdictions, like those in Europe.
telegraphjournal.canadaeast.com/search/article/262658

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Une réforme inquiétante

Je suis le chef des services cliniques de l’Hôpital Georges-L.-Dumont. Un chef des services cliniques a le mandat d’assurer la qualité de
l’acte médical auprès des patients. En tant que chefs des services cliniques, nous avons un devoir moral de bien représenter les patients. J’ai le devoir moral de vous avertir. Comme patients, nous serons tous touchés par cette réforme.

La réforme de la santé est inquiétante. Le projet de loi de M. Murphy est à sa 2e lecture en chambre et peu de gens sont inquiets. Je
trouve ceci très inquiétant!

Le volet en ce qui concerne les services non cliniques a été annoncé de façon détaillée et précise.
Cependant, quand le volet médical est concerné, nous sommes tenus dans la parfaite noirceur. Sachez que lorsque la troisième lecture
du projet de loi sera acceptée, le projet de loi sera une loi. Il sera très difficile de le contester.

M. Murphy est un avocat brillant et très bien organisé. Il est impossible que son plan ne soit pas défini. Ce serait une incompétence
majeure de démolir une structure qui fonctionne, et la remplacer par un vide et la développer au fur et à mesure sur le dos des
patients. Feriez-vous affaire avec un mécanicien qui vous offre une voiture qu’il construira avec vous au fur et à mesure, tout en vous
laissant la conduire, avant qu’elle ne soit sécuritaire pour vous? Bien sûr que non! M. Murphy a un agenda qu’il ne partage pas avec
nous. Il attend que son projet devienne loi pour nous le dévoiler.

C’est très difficile de bien gérer une institution localement. On nous dit que ce sera mieux de gérer plusieurs institutions de façon
centrale. Sommes-nous assez cons pour croire ceci?

M. Murphy aura aboli la gouvernance locale (conseils d’administration, conseils médicaux consultatifs, conseils des médecins et
dentistes, etc.), tout cela dans le but d’avoir un pouvoir politique centralisé sur notre santé. Allez-vous plutôt faire confiance aux
politiciens qu’à vos médecins en ce qui concerne votre santé? Ces politiciens ont-ils étudié 10-15 ans de leur vie, pour nous traiter pour toutes ces maladies complexes qui trop souvent nous font y laisser notre peau? Connaissent-ils les besoins des patients? Bien sûr que non! Ils connaissent la politique!

Allons-nous risquer l’exode de nos médecins pour sauver ou plutôt avoir l’illusion qu’on sauvera le 1 % du budget de la santé qu’il dit
que nous sauverons? M. Murphy ne nous parle pas de dualité linguistique dans son projet de loi. Il parle de deux régies. S’il envisageait la dualité, il l’aurait incorporée à son projet de loi.

M. Murphy dit qu’il fait ceci pour enrayer les conflits entre les institutions. Sommes-nous assez crétins pour croire ceci?

La Régie B aura les deux tiers du budget de la santé. La Régie A a seulement deux services ultraspécialisés, tels que la dialyse et
l’oncologie. Nous n’aurons pas de neurochirurgie, de chirurgie cardiaque, de centres de cathétérismes cardiaques, de centres d’oncologie pédiatrique, de centres de soins intensifs pédiatriques et néonatals….

Si M. Murphy ne veut pas la dualité, veut-il l’égalité des deux populations linguistiques majoritaires? Agit-il comme quelqu’un qui veut
ceci?
M. Murphy veut insinuer qu’il y a des rivalités handicapantes entre les hôpitaux. C’est sûrement pour cette raison qu’il a omis de vous
dire que, depuis le printemps 2007, les conseils d’administration des différents hôpitaux francophones étaient en train de travailler sur un plan collaboratif de développement qui favoriserait l’épanouissement de nos hôpitaux. Ce projet visait une structure et un complexe d’enseignement universitaire, médical et paramédical provinciaux francophones, la recherche clinique et fondamentale, et entre autres l’épanouissement des forces spécifiques de chacun de nos hôpitaux. Avec ce projet de loi, tout tombe à l’eau!

Je ne suis pas contre le changement et le changement en ce qui concerne la santé. J’embrasse un tel changement à condition qu’il
respecte le patient, l’autonomie et le développement régional; le caractère et les besoins distinctifs régionaux, le travail collaboratif
entre les hôpitaux et la langue de travail. Jusqu’à présent, le ministre de la Santé n’a rien démontré de ceci. S’il voulait respecter ceci,
il l’aurait inclus dans son projet de loi.
Jusqu’à présent, M. Murphy nous a montré qu’il avait du muscle.
Il a même ordonné aux médecins salariés de ne pas parler aux médias. Est-ce cela la démocratie?
Il ne nous reste que quelques jours pour nous réveiller, sortir de notre anesthésie collective et réagir; sinon ce projet deviendra loi!
Réveille!, réveille!, réveille!, réveille!, réveille!…

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