Nouveau plan de santé: Fredericton met l’accent sur la prévention

FREDERICTON – Restrictions budgétaires obligent, le Nouveau-Brunswick est condamné à mettre en action son nouveau Plan provincial de la santé, avance le ministre Hugh Flemming.

À bien des égards, le plan présenté lundi à Fredericton par le ministre de la Santé offre peu de nouveautés. Le gouvernement entend ramener le patient au coeur des soins de santé en favorisant la prévention plutôt que le traitement des maladies. Le plan intitulé «Rebâtir les soins de santé ensemble» vise notamment à mieux traiter les maladies chroniques et à permettre aux personnes âgées de rester chez elles plus longtemps.

Le ministre Flemming ne s’en cache pas, plusieurs des initiatives contenues dans son plan de cinq ans ont déjà été proposées par d’autres. Mais cette fois, la province n’a d’autre choix que de le suivre à la lettre.

«Même si plusieurs de ces initiatives ont déjà été mises de l’avant, beaucoup n’ont pas été réalisées parce que nous n’avions pas le fusil sur la tempe. Maintenant, nous l’avons. Nous n’avons plus le choix», constate le ministre.

Les coûts du système de santé représentent environ 40 % du budget provincial total, et ce, même si la croissance des dépenses en santé a été plafonnée à 0 % lors du dernier budget.

«De 2004 à 2011, les dépenses par personne en soins de santé ont augmenté de 53 % au Nouveau-Brunswick comparativement à 43 % à l’échelle nationale», peut-on lire dans le document de 25 pages.

S’il espère avoir mis pour de bon la hache dans l’augmentation sans fin des dépenses en santé, Hugh Flemming n’écarte pas la possibilité d’un retour à la croissance du budget de son ministère.

«Nous travaillons sur le budget de l’an prochain. C’est difficile de dire si nous pourrons garder la croissance des dépenses à 0 % deux ans de suite. Je ne veux pas me lier les mains. Des fois, nous ferons mieux que 0 % et des fois il y aura de très bonnes raisons de dépenser plus», analyse-t-il.

Afin d’améliorer la santé de la population, un projet pilote de dépistage du cancer du côlon et une stratégie provinciale contre le diabète seront lancés au cours de l’année 2013-2014.

Les réseaux de santé devront également mettre en oeuvre un certain nombre d’initiatives prévues au Plan d’action pour la santé mentale dévoilé précédemment.

Le gouvernement conservateur mettra aussi en oeuvre un nouveau régime d’assurance-médicaments pour les Néo-Brunswickois non assurés.

Fredericton prévoit faire des «gains d’efficacité administrative et organisationnelle» et demander aux réseaux de santé de «passer en revue le modèle de prestation des services de soutien.» Le ministre Flemming n’exclut pas de centraliser d’autres services comme l’ont été récemment les services de buanderie.

«Oui, nous allons regarder à des choses comme ça (qui) n’ont absolument aucun effet sur les patients», indique le ministre de la Santé sans exclure de nouvelles pertes d’emplois.

Hugh Flemming écarte la possibilité de fermer des hôpitaux, mais pas celle de réorganiser les services qui s’y trouvent.

«Nous devons mettre notre argent aux bons endroits. Je m’en fous si c’est un gros hôpital ou un petit hôpital. Si nous faisons quelque chose dans un hôpital qui n’est pas cliniquement ou financièrement viable, nous devrions faire autre chose», lance-t-il lors d’une entrevue téléphonique avec le journal.

Le Plan provincial de la santé contient 24 initiatives qui devront être réalisées en 2013-2014. Le gouvernement promet de mettre cette liste à jour chaque année et de fournir des «rapports réguliers sur l’état d’avancement de chaque initiative».

«Ce n’est pas un plan, c’est de la rhétorique»

FREDERICTON – Le chef de l’opposition officielle est resté sur son appétit, lundi, lors du dévoilement du Plan provincial de la santé du ministre Hugh Flemming.

«Ce n’est pas un plan, c’est de la rhétorique», déclare Brian Gallant d’entrée de jeu. Même s’il est rempli de bonnes intentions, le plan du gouvernement manque cruellement de détails, selon le chef du Parti libéral.

«Le ministre Flemming a lui-même avoué avoir pris des morceaux des plans précédents. Si c’est le cas, on penserait au moins qu’il aurait pu prendre ces plans et donner plus de détails. Comment va-t-il s’y prendre pour améliorer ces choses?»

Même si le plan contient 24 initiatives pour 2013-2014, le chef libéral estime qu’il manque d’objectifs clairs.

«S’il n’y a pas d’objectif au début, ça va être très difficile pour la population de garder le gouvernement imputable.»

De plus, le ministre devrait faire preuve de transparence et dévoiler dès maintenant si des emplois sont en danger, croit M. Gallant.

«Il n’y a pas de doute qu’il y a des questions sérieuses auxquelles il faut répondre. On fait face à plusieurs défis. Tous les Néo-Brunswickois le reconnaissent, mais ils ont des attentes que leur gouvernement soit transparent et les inclue dans la discussion. Tu n’aides pas la population de la province si tu ne dis pas exactement ce que tu penses sur ce qui doit arriver.» – MRC

«Très peu de chair sur l’os»

FREDERICTON – Les réactions face au nouveau plan du ministre de la Santé, Hugh Flemming, sont mitigées. Tandis que le Conseil de la santé du Nouveau-Brunswick voit l’initiative d’un bon œil, la Société médicale du Nouveau-Brunswick estime que le document manque de détails.

«Nous n’avons pas eu le temps d’étudier le document en détail parce que ça fait à peine quelques heures qu’il a été présenté, mais malheureusement, il n’y a pas grand-chose à étudier», a affirmé le Dr Robert Desjardins, président de la société médicale, quelques heures après la présentation du nouveau plan, Rebâtir les soins de santé ensemble.

«Tout ce que le ministre a dit, nous endossons, mais le problème est qu’il y a très peu de chair sur l’os. Il n’y a pas de cibles définies pour savoir si le gouvernement va atteindre sa cible. C’est purement une question de philosophie de gestion. Il manque de détails et de substances objectives identifiables auxquelles on peut se référer dans le futur.»

Des propos qu’endosse le Syndicat des infirmières et infirmiers du Nouveau-Brunswick qui dit s’inquièter du peu de détails sur la façon dont le plan sera mis en œuvre et comment il affectera le rôle du personnel infirmier immatriculé au sein du système.

Le syndicat craint que le plan entraînera des mises à pied de plusieurs fournisseurs de soins, sans mettre en œuvre les changements requis pour améliorer le système de soins de santé.

Stéphane Robichaud, directeur général du Conseil de la santé, voit les choses autrement et accueille favorablement l’annonce du ministre Flemming. Il considère que le gouvernement a tenu compte des recommandations de l’organisme récoltées lors d’une série de rencontres en juin 2012.

«Notre rapport devait servir de toile de fond pour nourrir la réflexion autour du plan de santé. C’est une des premières choses que nous voulions savoir, c’est-à-dire est-ce qu’il tiendra compte des commentaires de plus de 5000 commentaires recueillis? De cet angle, on retrouve dans le plan différents éléments soulevés par les citoyens.»

Stéphane Robichaud juge aussi que Fredericton fait un pas dans la bonne direction avec ce plan lorsqu’il affirme vouloir mettre sur pied un plan de lutte contre les maladies chroniques. Il y voit un bon moyen pour réduire les coûts de la santé.

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