Nécessaire dualité

Nécessaire dualité

N’est-il pas étrange, voire bizarre, que certains individus soutiennent que pour des raisons d’ordre économique et constitutionnel on devrait éliminer les deux régies de santé de notre province et en faire une seule?

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Pour ne pas mentionner le terme d’ignorance, une telle position reflète une méconnaissance historique et juridique des articles de la Charte canadienne stipulant que les minorités linguistiques de chaque province canadienne ont un droit sacré et constitutionnel dans la gestion de leurs propres institutions.

D’autres personnes, surtout chez celles qui s’opposent au bilinguisme officiel, avancent même la thèse qu’il faudrait éliminer la dualité au sein du ministère de l’Éducation. Avec de telles mesures, elles prétendent que le gouvernement épargnerait chaque année plusieurs millions de dollars et les contribuables paieraient ainsi moins d’impôts ou de taxes.

Si un jour, par malheur, l’électorat faisait l’erreur de mettre au pouvoir de telles personnes à gouverner notre province, il est évident que le Nouveau-Brunswick perdrait vite son statut de province officiellement bilingue.

Imaginons l’existence d’une seule régie provinciale. Sans l’ombre d’un doute, elle serait évidemment constituée d’une majorité d’anglophones qui imposerait ses vues sur l’ensemble du système tout en favorisant d’abord les intérêts de la majorité.

Souhaitons que le nouveau gouvernement dirigé par Brian Gallant ne se laisse pas influencer par ces aventuriers dangereux. Une telle approche dans le sens de ces idéologues anéantirait immédiatement la paix sociale et occasionnerait, bien sûr, une poursuite juridique juste et triomphante. Le résultat serait humiliant pour le gouvernement. Évidemment, les soi-disant économies anticipées seraient vite dissipées par les frais de traduction et d’interprétation liés à de tels arrangements administratifs. Et comme on le sait aussi, les coûts causés par le désordre public sont beaucoup plus élevés que les modiques sommes nécessaires au maintien de la paix sociale.

En ce début de l’année 2015, à tous et à toutes, je vous souhaite santé, joie, bonheur, prospérité et paix.

Alcide F. LeBlanc