Médicaments: les Néo-Brunswickois paient plus de leur poche que les autres Canadiens

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Texte de l’Acadie Nouvelle

CARAQUET – Si comme ailleurs au Canada, la croissance des dépenses en médicaments continue de ralentir au Nouveau-Brunswick, sa population reste l’une de celles qui payent le plus de sa poche pour se soigner.

C’est l’une des particularités qui ressort du dernier rapport de l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS) publié jeudi.

«Les dépenses privées pour les médicaments prescrits sont pas mal plus élevées au Nouveau-Brunswick, elles sont parmi les plus hautes au pays», confirme le porte-parole de l’ICIS, Claude Lemay.

Avec 610 $ par habitant en 2012, la province figure dans le trio de tête juste derrière Terre-Neuve-et-Labrador (636 $) et la Nouvelle-Écosse (642 $) et assez loin de la moyenne canadienne (442 $).

Les dépenses privées concernent à la fois ce que règlent les assurances-médicaments privées et ce que les malades qui n’en ont pas sont contraints de payer de leur poche.

L’autre côté de la médaille, c’est que les dépenses publiques, soit celles prises en charge par la province ou le fédéral, sont au Nouveau-Brunswick parmi les plus faibles au pays avec seulement 294 $ par habitant. La Colombie-Britannique et l’Île-du-Prince-Édouard sont les deux seules provinces qui sont encore moins généreuses que la nôtre quant aux dépenses.

En matière de pourcentage, avec un peu moins du tiers des dépenses totales par habitant en médicaments prescrits, pris en charge par le service public, le Nouveau-Brunswick termine même en queue de peloton.

«Les dépenses financées publiquement sont parmi les plus basses», constate le porte-parole de l’ICIS.

En 2012, ces dépenses publiques sont évaluées provisoirement par l’ICIS à 222,2 millions $, en baisse de 1,5 million $ (- 0,7 %) par rapport à l’année précédente. Les dépenses privées pour ces mêmes médicaments prescrits sont par contre en hausse (+ 3 %) et s’élèvent en 2012 à 461,6 M$ contre 448 M$ en 2011.

Entre les 683,8 millions $ dépensés au N.-B. en 2012 pour les médicaments prescrits et 156 millions $ pour les médicaments non prescrits, la facture totale s’élève à 839,8 millions $. Le montant est en hausse de 2,9 %. Un résultat encourageant estime M. Lemay. «Il y a une dizaine d’années, l’augmentation du coût des médicaments pouvait être de l’ordre de près de 10 % par année. On observe un ralentissement, les dépenses augmentent moins vite qu’avant», dit-il.

Les dépenses en médicaments représentent dans la province 17,6 % du total des dépenses en santé. Comme dans l’ensemble du Canada, «les médicaments sont le deuxième poste le plus dispendieux, après les hôpitaux et avant la rémunération des médecins», précise Yvon Lemay.