Malade dans la dignité

Pendant que le Québec s’engage vers l’aide médicale à mourir dans la dignité, qu’en est-il des soins palliatifs au Nouveau-Brunswick?

Le Dr Meilleur me fait rencontrer Renée, une patiente arrivée depuis cinq jours aux soins palliatifs.

Avant d’être ici, me dit-il, elle était dans le coma à l’hôpital général. Quand j’arrive, Renée avait le sourire et me tend la main.

Le Dr Meilleur me dit qu’on peut atténuer la majorité des douleurs physiques. Cependant, on ne peut pas soulager toutes les souffrances.

La raison principale pour laquelle les malades demandent de mourir, c’est la souffrance existentielle, le fait d’être dans un état de dépendance et de déchéance totale que personne ne peut soulager. Honorable ministre de la Santé au Nouveau-Brunswick, allez passer une heure avec une personne atteinte de la maladie, appelée «sclérose latérale amyotrophique» ou maladie de Charcot. Avec le «Charcot», le malade ne peut que bouger les yeux. Présentement, un ordinateur équipé d’un logiciel spécial permet d’écrire avec les yeux.

Au Québec, le séjour moyen des patients à l’unité des soins palliatifs est de 10 à 20 jours. Environ 80 % des malades y finissent leurs jours. Chez les grands malades, plus que leur maladie, la grande peur, c’est celle de perdre leur dignité.

Dans ce sens, pour aider les malades à conserver leur dignité, le regard de l’autre, le regard du soignant fait toute la différence. Tout est dans la manière, non dans la matière, pour redonner aux malades, leur dignité.

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