Les pharmaciens du N.-B. veulent jouer un plus grand rôle dans le système de santé

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le jeudi 19 juillet, 2012

CARAQUET – Les pharmaciens veulent avoir un plus grand rôle à jouer dans le système de santé, selon l’Association des pharmaciens du Nouveau-Brunswick, qui réclame que le gouvernement provincial intervienne en leur faveur.

Les pharmaciens souhaitent voir leurs pouvoirs cliniques accrus, notamment en ayant accès à certaines données sur les patients qui font affaire chez eux afin d’assurer un suivi de leur bilan de santé. Les pharmaciens pourraient ainsi procéder à des évaluations plus poussées de leurs patients afin d’ajuster leur médication ou leur suggérer des régimes visant à réduire les effets négatifs de leurs maladies sur leur santé. L’Association des pharmaciens du Nouveau-Brunswick argue que cette mesure pourrait permettre de désengorger les salles d’attente dans les urgences et d’alléger la tâche des médecins de famille.

Selon le directeur général de l’association, Paul Blanchard, la province possède les ressources humaines nécessaires pour ce faire. Il ne manque que le coup de pouce du gouvernement pour appliquer le tout.

«Les pharmaciens sont de vrais professionnels de la santé. Si l’on comprend bien la façon dont les gens se servent des pharmacies, on voit que c’est un service très important», souligne Paul Blanchard.

L’Association prend également pour exemple un plan que le gouvernement albertain a récemment adopté afin d’indemniser les pharmaciens pour des services cliniques offerts aux patients, tels que les injections et les adaptations de prescriptions.

«En 2008, le gouvernement nous a donné certains privilèges, comme le droit de prescrire des médicaments et d’adapter des ordonnances. Or, les pharmaciens n’ont pas les ressources financières adéquates pour jouer un rôle plus poussé sur le plan clinique. Le gouvernement albertain a également mis en œuvre une politique semblable à celle du Nouveau-Brunswick sur les médicaments génériques, qui plafonne le prix des médicaments génériques à 35 % du prix de marque. Ça permet des économies importantes, qui sont réinvesties dans le système de santé, entre autres pour le plan des pharmaciens. Notre gouvernement pourrait facilement faire la même chose», estime Paul Blanchard.

Léonel Albert, pharmacien et propriétaire de la pharmacie Jean Coutu de Caraquet, se dit favorable à la demande de l’Association des pharmaciens du Nouveau-Brunswick.

«Je ne veux pas être revanchard, mais nous sommes sous-payés par le gouvernement. Nous offrons déjà beaucoup de services pour aider les gens, mais il faudrait aussi pouvoir payer les employés pour ces services rendus», affirme Léonel Albert.

Le pharmacien-propriétaire souhaite en outre que le gouvernement investisse davantage dans la formation, notamment en matière de prescription de médicaments.

«Les pharmaciens n’ont pas la formation pour ça. Nous aimerions aussi faire des suivis avec nos clients sur leur hypertension, leur glycémie et autres problèmes de santé en nous assurant d’avoir accès à leurs données. Nous connaissons déjà la teneur des médicaments que nous vendons ainsi que les pathologies qui y sont rattachées. Ce serait simple pour nous d’agir sur le plan clinique si nous avions davantage de moyens pour ce faire», renchérit Léonel Albert.