Les méthodes du gouvernement soulèvent la colère

MONCTON – Plus d’une centaine de Néo-Brunswickois se sont réunis à Moncton, Fredericton, Saint-Jean, Bathurst et Edmundston, hier midi, pour dénoncer l’imposition du bâillon par le gouvernement Graham pour limiter le nombre d’heures de débats sur le projet de loi 34 sur la gouvernance en santé.


L’avis de motion 67 déposé pour restreindre le débat sur le projet de loi 34 a été débattu en Chambre, hier après-midi, à Fredericton. Mais avant que cette motion soit officiellement débattue, plusieurs groupes ont voulu dénoncer le stratagème du gouvernement libéral de Shawn Graham. Parmi ces groupes qui ont manifesté dans cinq cités du Nouveau-Brunswick, on retrouve la Coalition de la santé du Nouveau-Brunswick et le Comité pour l’égalité en santé, ainsi que des membres des syndicats, des professionnels de la santé et des citoyens.

À Moncton, le coprésident de la Coalition de la santé du N.-B., Roger Doiron, et Dre Chantal Arseneault ont affirmé que le 22 avril 2008 devrait être considéré comme étant « une journée de deuil pour la démocratie dans la province ». Selon lui, plusieurs étapes antidémocratiques se sont succédé au cours des derniers mois, avant que le gouvernement Graham décide, hier, d’imposer le bâillon pour limiter le nombre d’heures de débats sur le projet de loi 34.
Dans un premier temps, a souligné Roger Doiron, le ministre de la Santé a aboli les postes élus pour les conseils d’administration et remplacé ces gens par des nominations politiques. Il a aussi enlevé le droit à quiconque de contester sa réforme en cour en introduisant l’article 17 dans son projet de loi. Finalement, le ministre Murphy a fait en sorte que son projet de loi soit adopté en première lecture, plutôt que de passer par les étapes habituelles des trois lectures. « L’adoption du projet de loi 34 a été retardée par une flibuste du chef de l’opposition, Jeannot Volpé, à la demande de groupes de citoyens. Face à cette situation, le gouvernement de Shawn Graham a décidé d’aller encore plus loin dans son mépris du processus démocratique », a déploré Roger Doiron.

« Nous avons un gouvernement qui se dit de la tradition de Louis Robichaud, mais qui agit en dictateur. C’est la fin des chances égales pour tous », a-t-il ajouté. Dre Chantal Arseneault a pour sa part indiqué que la population doit se tenir debout et dire haut et fort qu’elle n’accepte pas de tels gestes qui bafouent « nos droits ». « Nous devons absolument nous tenir debout parce que c’est peut-être un premier pas. Qu’est-ce qui sera le prochain? », se demande Roger Doiron.
En bref… La Coalition de la santé du N.-B. organisera des rencontres d’information dans différents coins de la province, au cours des prochaines semaines, afin d’expliquer aux gens ce que signifie la réforme et quelles sont les mesures qui peuvent être prises pour la contester

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