Les médecins formés au N.-B. pourraient devoir s’exiler

le mardi 21 mai, 2013

FREDERICTON – Des groupes de médecins résidents des Maritimes reprochent au Nouveau-Brunswick de décourager les médecins de famille de pratiquer dans cette province malgré des besoins importants d’effectifs.

C’est en tout cas la crainte qu’expriment 12 médecins résidents en chef et résidents en chef adjoints des Maritimes dans une lettre adressée au ministre de la Santé, Hugh John Flemming.

«Récemment, le chef de la médecine familiale de Saint-Jean nous a annoncé que les possibilités de carrière dans la province sont limitées pour les médecins résidents en médecine familiale, une fois leur formation terminée. Et lors de sa visite récente, le vice-président aux affaires médicales du Réseau de santé Horizon du Nouveau-Brunswick a fait le même constat», écrivent les signataires.

Ils soulignent également que le système de numéros de facturation qu’utilise le Nouveau-Brunswick pour contingenter la profession médicale n’est pas très encourageant dans les circonstances.

«Vous n’êtes pas sans savoir que les numéros de facturation sont restreints par le gouvernement dans notre province, et que c’est une politique assez inédite ailleurs au Canada. Les postes limités que l’on nous offre consistent surtout à prendre en charge des cabinets établis ou à travailler dans des régions rurales éloignées», poursuit la missive adressée au ministre de la Santé.

Hugh John Flemming dit avoir bien reçu la lettre et qu’il la prend très au sérieux.

Mais selon lui, il est faux de prétendre qu’il n’y a aucun débouché pour les finissants en médecine familiale.

«Le fait est que des médecins de famille prennent leur retraite chaque année et des numéros de facturation sont rendus disponibles chaque année. Il y a en ce moment 15 numéros de facturation disponibles pour des médecins de famille dans la province», souligne le ministre.

Selon lui, le fait de multiplier le nombre de numéros de facturation n’est pas la voie qu’il préconise, mais il se dit ouvert à la discussion sur cet aspect de la pratique médicale dans la province.

Mais le chef du NPD, Dominic Cardy, croit quant à lui que ce système devrait être aboli.

«Les médecins sont en fait de petits entrepreneurs. On n’a pas de limites dans les autres secteurs de libre marché, alors pourquoi limiter le nombre de médecins», se demande M. Cardy.

De son côté, le critique de l’opposition officielle en matière de Santé, Donald Arseneault, rappelle que la province investit beaucoup d’argent, des centaines de milliers de dollars, pour la formation de chaque médecin dans la province.

Il déplore que le ministre de la Santé soit encore une fois aux prises avec un problème qu’il ne semble pas pouvoir gérer.

«Pourquoi les résidents ont-ils besoin d’écrire une lettre au ministre, pourquoi la Société médicale traîne-t-elle le gouvernement devant les tribunaux, pourquoi un groupe de syndiqués a-t-il dû publier une page dans les journaux?» questionne M. Arseneault.