L’énigmatique ministre de la Santé

Afficher le reportage au complet

le dimanche 23 décembre, 2012

L’année politique 2012 au Nouveau-Brunswick a fait entrer en scène un nouveau venu dont l’ascension météorique a de quoi faire rêver les politiciens les plus ambitieux.

Hugh John Flemming a été choisi pour prendre le siège de Rothesay laissé vacant par le départ de Margaret-Ann Blaney.

À peine avait-on eu le temps de crier «remaniement ministériel!» et il se retrouvait à la tête du ministère de la Santé, le plus important portefeuille provincial avec ses 2,5 milliards $.

Cependant, Hugh John Flemming est un des ministres les plus difficiles à décrypter qu’il m’ait été donné de rencontrer en plus d’une décennie de journalisme parlementaire.

C’est que M. Flemming soulève de nouvelles questions dans presque chacune de ses réponses. L’exemple le plus récent, et peut-être le plus éloquent, fut la mêlée de presse où le ministre parlait du plan de médicaments d’ordonnance proposé par le comité que présidait le Dr Dennis Furlong.

Le ministre Flemming a expliqué que tous les régimes privés d’assurance-médicaments offerts par des employeurs allaient devoir se conformer aux normes du nouveau régime public. En d’autres mots, si des médicaments ne sont pas couverts dans un régime d’assurance privé, ils devront y être ajoutés. Mais le problème avec cette «mise à niveau», c’est qu’elle ouvre la porte à une augmentation des primes payées par les employés et des cotisations versées par les employeurs.

M. Flemming a ajouté que si le régime privé d’assurance-médicaments offert par un employeur ne pouvait se conformer aux normes provinciales, il n’aurait qu’à souscrire au nouveau régime public. Pourtant, ce régime est d’abord et avant tout destiné aux quelque 150 000 Néo-Brunswickois qui n’ont pas d’assurance-médicaments à l’heure actuelle.

En imposant des normes minimales et en forçant des employeurs qui ont déjà des assurances-médicaments privées pour leurs employés à souscrire au nouveau régime public, le nombre d’assurés qui en feront partie devient un mystère. L’énigmatique M. Flemming a donc ouvert une boîte de Pandore et devra clarifier tout cela lorsqu’il annoncera la forme définitive du régime public d’assurance-médicaments dans les prochains mois.