Le système de soins de santé du Nouveau-Brunswick est sur le point d’être frappé par une tempête parfaite

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Notre budget de santé a doublé au cours de la dernière décennie. Dans le temps qu’il faudra pour lire le présent article, les contribuables dépenseront 10 000 $ en soins de santé. Et pendant ce temps, le gouvernement fédéral s’est engagé à mettre en œuvre un plan qui entraînera au cours de la prochaine décennie la réduction de la valeur relative des transferts en santé au Nouveau-Brunswick.

Or, les Néo-Brunswickois et Néo-Brunswickoises comptent parmi les Canadiens qui vivent le moins sainement à presque tous les points de vue. Nos taux de tabagisme sont supérieurs à la moyenne nationale. Chaque année, nous décrochons la première ou la deuxième place en tant que province dont les gens sont les plus gros au pays, une particularité scandaleuse. Nos taux de consommation de légumes, d’activité physique et de revenu sont faibles. Et 70 % d’entre nous ont une maladie chronique.

Si nous ne commençons pas à faire les choses d’une manière différente, la tempête se lèvera. En tant que médecin, je vois les nuages s’amonceler chaque jour.

Parallèlement, je m’inquiète au sujet de notre système et de mes patients, et je comprends la situation; à partir de cet automne, moi, le président de la Société médicale du Nouveau-Brunswick, je n’aurai pas de médecin de famille. Mon médecin de famille actuel prendra sa retraite, et elle l’a assurément bien méritée. Mais j’ai également une maladie chronique et j’ai aussi besoin d’un médecin. J’ai besoin d’un plan. Et à l’échelle provinciale, notre système a grand besoin d’un plan – pour les 50 000 Néo-Brunswickois et Néo-Brunswickoises qui, comme moi, n’ont pas de médecin de famille; pour les patients très malades qui ont grand besoin d’une assurance des médicaments onéreux; pour les aînés forcés de rester à l’hôpital parce qu’ils n’ont pas d’autre endroit sécuritaire où aller. Nous avons besoin d’un plan.

La ministre de la Santé est au courant de tout cela et, heureusement, elle s’en occupe. Elle travaille à la création d’un plan pour guider le système de santé au cours des quatre prochaines années. Elle a parcouru la province pour parler aux fournisseurs et au public au sujet de la sorte de système de santé souhaité. De plus, elle a invité des groupes à lui faire part de leurs idées.

Les médecins savent que nous devons faire preuve de leadership dans notre système de soins de santé. Ainsi, lorsque nous leurs avons demandé leurs idées, nous avons obtenu les idées de 400 médecins de la province. Nous avons compilé ce que nous avons entendu et nous avons transmis un mémoire à la ministre pour examen. Et nous attendons avec impatience la publication de son plan plus tard cette année.

Mais nous voulons que les Néo-Brunswickois et Néo-Brunswickoises connaissent la pensée des médecins dans l’espoir que cela suscitera une conversation dans votre salle à manger; au café-restaurant; et à l’Assemblée législative. Nous voulons que les gens parlent des soins de santé, car notre système de santé s’améliore lorsque nous en parlons et lorsque des mesures concrètes y font suite.

Demain, nous présenterons au public notre plan dans lequel nous demandons au gouvernement d’ouvrir la gestion du système et de travailler davantage avec les médecins et les autres fournisseurs de soins. Nous demandons une stratégie sur l’obésité infantile pour notre province. Nous voulons que les hôpitaux soient moins complexes et plus conviviaux pour les aînés. Nous croyons que le temps est venu de mettre fin aux querelles bureaucratiques à savoir quel sera le ministère qui paiera, car nous savons qu’en fin de compte l’argent sort du portefeuille du même contribuable. Nous voulons voir un dialogue structuré et adulte sur la manière de mieux servir les patients dans les deux langues officielles dans l’ensemble de la province.

Depuis la présentation de notre mémoire, le gouvernement a posé des gestes concrets. Nous applaudissons ses initiatives visant le renouvellement des soins primaires, et nous sommes des partenaires actifs de la prestation du programme de dossiers médicaux électroniques dans l’ensemble de la province. Ces deux initiatives viennent d’être annoncées, et nous sommes heureux de voir le progrès accompli à ce jour. Mais il reste encore du travail à faire.

Un meilleur système, d’ici quatre ans, habilitera les médecins et les autres professionnels dans leur rôles de leadership; aidera les Néo-Brunswickois et Néo-Brunswickoises à devenir une des populations les plus en santé du pays; et aura fait des investissements intelligents qui rapporteront à long terme. Nous ne résoudrons pas ces problèmes du jour au lendemain, mais nous ne sommes pas arrivés là du jour au lendemain non plus.

Aujourd’hui, plus de vingt mille Néo-Brunswickois consulteront un médecin. Mes collègues et moi-même présenterons des recommandations aux patients qui s’adressent à nous pour de l’aide. En fin de compte, c’est à chaque patient qu’il appartient de décider d’écouter ou non nos conseils, et il en est de même pour ce processus. Mais nous avons présenté nos idées et nous sommes déterminés à travailler avec les patients et à les accompagner dans les bons et les mauvais jours. Les médecins sont impatients de voir du changement et l’orientent sur le terrain dans nos collectivités. Vous aurez d’autres nouvelles de nous, en particulier sur la manière de mener une vie plus saine.

Au Nouveau-Brunswick, nous vivons une période de turbulences. Apportons des changements maintenant. Évitons la tempête.