Le Réseau de santé Vitalité accusé de museler le droit de parole des citoyens

CAMPBELLTON – Les récents changements apportés à la période de questions des rencontres publiques du conseil d’administration du Réseau de santé Vitalité constituent, selon certains, un affront à la démocratie.

C’est ce qu’estime le Dr Hubert Dupuis, président du mouvement Égalité santé en français.

Ce commentaire survient après que le conseil d’administration du réseau a annoncé que, dorénavant, tous les citoyens désirant prendre la parole à la suite de la réunion publique doivent fournir trois jours à l’avance leurs questions ou, à tout le moins, la thématique du sujet qu’ils entendent aborder.

À cela s’ajoute le fait que la période de questions sera désormais limitée en temps, soit un maximum de 30 minutes.

Pour le Dr Dupuis, cette façon de faire va à l’encontre des intérêts des citoyens.

«C’est ni plus ni moins qu’une attaque directe à la liberté de parole», croit-il.

«Si l’on doit soumettre nos questions à l’avance, ça signifie qu’aucune personne du public ne sera en mesure de poser des questions sur des éléments discutés lors de la réunion. On ne pourra, par exemple, ni commenter ni questionner sur le rapport du président. Pourtant, c’est tout à fait légitime qu’un citoyen puisse questionner la direction au moment même de la réunion. Selon moi, c’est une façon honteuse de contrôler les interventions», décrie M. Dupuis.

Dans le contexte actuel des compressions budgétaires dans le secteur de la santé, le Dr Dupuis croit que l’arrivée de cette nouvelle formule ne laisse rien présager de bon.

«J’imagine que les nouvelles lors des prochaines réunions ne seront pas agréables. C’est pourquoi on veut faire taire les gens, on veut éviter que le citoyen commente et pose des questions. Ça paraît mieux lorsqu’il n’y a pas d’opposition», dit-il.

Coprésidente du Comité Action H, Louise Blanchard a assisté à presque toutes les réunions du conseil d’administration du Réseau de santé Vitalité au cours des sept dernières années. Comme le Dr Dupuis, elle décrie les changements apportés à la période de questions.

«On s’en prend ici à un droit démocratique», affirme-t-elle.

«Notre groupe a réussi à obtenir l’attention du conseil et du gouvernement en participant à ces réunions, en posant des questions et en déposant des mémoires et autres documents. Ça a fait une différence énorme dans le fait que nous ayons obtenu notre arrêt d’ambulance. La nouvelle politique va certainement nuire à notre cause et, en fait, à toute autre cause. Désormais, si quelqu’un, un groupe ou un sujet, agace le conseil et si celui-ci croit qu’il vous a répondu, il a le loisir de ne plus vous entendre. C’est injuste», scande-t-elle.

Afficher le reportage au complet