Le ministre Flemming défend ses coupes en santé

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le mercredi 3 avril, 2013

FREDERICTON – L’opposition officielle a profité de la période des questions orales, mercredi à l’Assemblée législative, pour attaquer le gouvernement sur les compressions budgétaires dans le domaine de la santé que prévoit le budget de cette année.

Mais d’abord, le chef de l’opposition officielle, Victor Boudreau, a demandé au premier ministre David Alward s’il était d’accord avec les propos du ministre de la Santé, Hugh John Flemming, au sujet de la Société médicale de la province.

«Est-il d’accord avec les propos de son ministre de la Santé, qui dit que la Société médicale du Nouveau-Brunswick est tout simplement une petite clique de médecins de Fredericton qui veulent tout contrôler?», a lancé Victor Boudreau.

Mais le premier ministre est resté dans son fauteuil, laissant M. Flemming monopoliser l’attention.

«Je suis fier de dire que les employés affiliés au SCFP ont proposé des solutions. Les infirmières ont proposé des solutions. Les pharmaciens ont proposé des solutions. Ce sont des temps difficiles… Je crois que les médecins sont disposés à faire la même chose. La porte est ouverte. Je veux négocier. J’ai besoin de leur aide. Les patients du Nouveau-Brunswick ont besoin de leur aide», a déclaré le ministre de la Santé.

Rien pour ébranler Victor Boudreau, qui a renchéri.

«Le ministre des Finances a déposé un budget qui va faire passer le budget de l’assurance-maladie de 446 millions à 425 millions, soit une réduction de 19 millions $. Si on prend en considération que chaque médecin facture 43 $ la visite à l’assurance-maladie, cela signifie une réduction de 465 000 visites dans les bureaux des médecins ou dans les urgences. Le premier ministre du Nouveau-Brunswick peut-il nous expliquer comment il peut garantir qu’il y aura 465 000 visites de moins dans les salles d’urgence et dans les bureaux des médecins au cours de la prochaine année?»

À cela, le ministre de la Santé a répondu que les médecins pourraient peut-être se pencher sur plus d’un problème médical par visite, ce qui en réduirait le nombre, tout en maintenant les services à leur niveau actuel malgré les compressions à l’assurance-maladie.

Il a répété que sa porte était toute grande ouverte pour accueillir les médecins quand ceux-ci seront disposés à négocier.
Les médecins veulent négocier

Cette déclaration en Chambre n’est pas passée inaperçue à la Société médicale du Nouveau-Brunswick dont le président, le Dr Robert Desjardins, a émis le commentaire suivant.

«Des documents qui se trouvent à la Société médicale démontrent que c’est nous, et non le gouvernement de David Alward, qui avons à maintes reprises tenté de soulever les questions de durabilité et de viabilité du système de soins de santé, et ce, depuis janvier 2012», a déclaré le Dr Desjardins.

«Nous voulons négocier selon le cadre qui a été légiféré. Nous ne renoncerons pas à notre processus formel de négociations et accepter de plafonner les services aux patients», poursuit-il.

«Dans sa plus récente lettre, le ministre nous a signifié que la réduction et le plafonnement des services aux patients étaient choses faites et que sa décision était unilatérale. Nous examinons soigneusement nos options. Mais nous n’agirons pas à la légère, considérant que nous sommes confrontés à de sérieux problèmes à long terme ayant trait à l’accès et à la qualité des soins aux patients», conclut le Dr Desjardins.