Le dossier médical électronique : nouvel outil, nouveau modèle de soins

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La ministre de la Santé a récemment fait une annonce reflétant sa vision de l’avenir des soins de santé primaires. J’ai eu le plaisir de la rencontrer pour discuter du leadership dont font preuve les médecins. Je suis président de la Société médicale du Nouveau-Brunswick, l’organisation professionnelle représentant tous les médecins de la province.

La vision de la ministre s’appuie sur des années de travail réalisé par un groupe de professionnels de la santé afin d’orienter notre système vers les patients. La Société médicale a joué un rôle actif dans ces travaux et est intervenue dans la promotion du dossier médical électronique (DMÉ). Elle a d’ailleurs annoncé l’établissement d’un partenariat avec le gouvernement en vue de mettre cet outil à la disposition des médecins.

Le dossier médical électronique va bien au-delà du simple emploi d’un ordinateur. Il permet de conserver des notes, celles-ci pouvant ensuite être consultées par d’autres professionnels au fil de la prestation des soins. Il aide en outre à travailler plus efficacement, ce qui se traduit par une diminution des délais d’attente. Il signale les combinaisons de médicaments pouvant être dangereuses, ainsi que les allergies des patients. Il permet même d’éviter certains frais, notamment ceux qui découlent de la perte de résultats d’analyses ou d’ordonnances illisibles.

Le défi du DMÉ paraît simple. Il suffit de mettre les outils nécessaires en place, puis d’établir les liens voulus. Mais songez au premier ordinateur que vous avez eu à la maison ou au travail. Souvenez-vous des changements entraînés par la venue d’Internet. Nous avons commencé à nous servir des ordinateurs au quotidien il y a des années; cela a nécessité bien des efforts, mais je pense qu’aujourd’hui, personne ne voudrait retourner en arrière. Si l’adoption du DMÉ suit un schéma similaire, pourquoi les médecins ne s’en équipent-ils pas dès à présent?

De fait, l’emploi du DMÉ ne s’adresse pas à tous. Ce système peut coûter jusqu’à plusieurs dizaines de milliers de dollars; il faut du temps pour apprendre à s’en servir et pour l’instant, beaucoup ne sont pas connectés au reste du réseau, ce qui signifie qu’ils ne peuvent afficher ni les résultats d’analyses en laboratoire, ni les notes de visites à l’hôpital. En collaboration avec le gouvernement, nous prévoyons surmonter ces défis au cours des années à venir.

Respecter les engagements pris en matière de dossier électronique nécessite beaucoup de travail. Il faut se procurer des ordinateurs coûteux, établir des exigences strictes pour assurer la protection des renseignements personnels et obtenir la collaboration de professionnels de la santé déjà débordés. Les études démontrent toutefois que les projets mis en œuvre par des médecins, pour des médecins, ont de grandes chances d’être couronnés de succès. En effet, dans les provinces où ont été mis en place des programmes dirigés par ces derniers, le taux d’adoption du DMÉ est supérieur à 50 %. Il s’agit d’un objectif ambitieux, surtout si l’on pense que notre taux d’adoption actuel est de 10 %, mais il nous faut l’atteindre.

Quand je vois ce que la technologie a permis de réaliser au sein du système bancaire ou dans le secteur du tourisme, ou la façon dont elle a changé ma routine matinale, je sais qu’elle peut contribuer à améliorer considérablement la façon dont nous dispensons nos soins aux patients. Nous nous réjouissons donc à l’idée de continuer à apporter des changements au système de santé, grâce à ce programme et grâce à nos rencontres avec les quelque 25 000 patients qui viennent nous consulter chaque jour. Les médecins sont dévoués à l’amélioration de la santé et le resteront.

Le Dr Robert Rae est président de la Société médicale du Nouveau-Brunswick. Il est oto-rhino-laryngologiste à Saint John. Il a occupé des postes de direction dans divers organismes de personnel médical, comités consultatifs médicaux, à la Société médicale de Saint John, au Collège des médecins et chirurgiens du Nouveau-Brunswick et à la Société canadienne d’oto-rhino-laryngologie. Mais il est avant tout un père et un grand-père attentionné, ainsi qu’un grand défenseur des patients.