La réforme Murphy sera contestée devant les tribunaux

DIEPPE – La réforme sur la gouvernance de la santé du ministre Mike Murphy sera officiellement contestée devant les tribunaux. Ce sera le Regroupement pour la défense des soins de santé en français qui intentera une action devant les tribunaux. Ce groupe, qui a été mis sur pied peu de temps après le dévoilement de la réforme Murphy, est formé d’une centaine de membres et a envoyé une lettre au premier ministre Graham en mars.

Parmi ces signataires, on retrouve notamment les noms du recteur de l’Université de Moncton, Yvon Fontaine, de l’ex-président-directeur général de la Fédération des caisses populaires acadiennes, Martin-J. Légère, de l’ancien ministre libéral et PDG d’Assomption-Vie, Denis Losier, de l’ancien lieutenant-gouverneur, Gilbert Finn, et d’une pléiade de personnalités acadiennes.

Après une réunion qui a eu lieu hier matin, le porte-parole du regroupement, Roger Doiron, a affirmé que le recours devant les tribunaux est la seule avenue pour faire entendre raison au gouvernement Graham dans ce dossier. « Nous avons fait suffisamment de démarches auprès du gouvernement, mais ça n’a rien donné. Le ministre de la Santé ne veut rien savoir. Donc, ce matin, nous avons décidé d’entreprendre des mesures judiciaires », a-t-il lancé. M. Doiron indique que le regroupement est loin d’être satisfait des amendements déposés mercredi par le ministre Murphy. « Malgré les beaux discours du ministre (Murphy), la communauté acadienne et francophone de la province risque de perdre gros », a-t-il précisé.

La prochaine étape pour le groupe sera de rencontrer l’avocat Michel Doucet, qui a remporté de nombreuses batailles devant les tribunaux en matière linguistique (dont récemment le jugement de la Cour suprême qui oblige la GRC à offrir des services dans les deux langues officielles). « Nous voulons nous assurer de ses services. S’il accepte, l’étape suivante sera de préparer le dossier et l’argumentation. » Une chose est certaine, le regroupement devra d’abord contester la constitutionnalité de l’article 17 de la loi, qui stipule que toute action en justice contestant l’abolition des régies régionales est irrecevable.
Par ailleurs, M. Doiron spécifie que les mesures judiciaires seront financées par des mécènes acadiens.
« Présentement, il y a de l’argent de disponible pour notre groupe afin d’entreprendre nos actions judiciaires. Si jamais il en manque, nous allons faire une campagne provinciale de financement », soutient Roger Doiron.
Calmer les esprits Le ministre de la Santé, Mike Murphy, a mentionné que le projet de loi et ses amendements vont faire en sorte de « calmer les esprits avec le temps ». « Le fait que le conseil d’administration va pouvoir conduire ses affaires en français et les gens de Georges-Dumont vont pouvoir travailler en français, ce sont des choses qui n’étaient pas là et je pense qu’après un bout de temps, les esprits vont se calmer », a-t-il commenté.

M. Murphy a ajouté que la Régie A sera francophone parce qu’elle fonctionnera en français, tout comme le conseil d’administration. Même si cela ne sera pas écrit comme tel dans la loi « Je pense que ça va bien fonctionner. Nous avons donné plus que l’ancien gouvernement », a-t-il avancé.

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