La colère continue de monter contre la réforme Murphy

Moncton – La colère contre la réforme de la gouvernance du gouvernement libéral de Shawn Graham commence à se faire sentir dans la population. Il semble bien que cela ne soit qu’un début si on se fie aux propos qui ont été tenus hier soir, lors d’une réunion réunissant près de 200 citoyens à Moncton.
Après les médecins et leur Comité pour l’égalité en santé, c’était au tour des citoyens de s’exprimer sur la réforme de la gouvernance
du système de santé proposée par le ministre Mike Murphy, hier soir, lors d’une rencontre organisée par la Coalition de la santé du    N.-B.

D’entrée de jeu, des conférenciers invités ont donné leur avis sur le projet de loi 34 des libéraux de Shawn Graham, dénonçant tour à
tour le manque de consultation, l’inégalité des services qui seront offerts dans les deux nouvelles régies, ainsi que la possible
privatisation des soins de santé envisagée par le gouvernement.
L’avocat Martin Aubin a souligné qu’en temps normal, un projet de loi devient une loi lorsqu’il est adopté en troisième lecture. Cela, a-til dit, laisse le temps à la population de prendre connaissance du projet de loi et d’en débattre.
« Dans le cas qui nous intéresse, le projet de loi 34 est mis en oeuvre dès la première lecture. Il y a des choses qu’on accepte sans rien
faire parfois. Mais ici, si on laisse ça passer, on ne sait pas où ça va nous mener et il y aura une prochaine fois », d’indiquer Me Aubin.
Hier matin, le premier ministre Shawn Graham laissait entendre que son gouvernement est prêt à déposer des amendements pour
modifier le projet de loi 34. Ces changements, a-t-il précisé, contiendront des mesures pour assurer que l’usage des deux langues
officielles est respecté. Il n’a toutefois pas voulu dire si la langue de fonctionnement de la Régie A sera spécifiquement déclarée comme
étant francophone.
« Les régies ne vont pas offrir les mêmes services. Les patients de la Régie A seront en majorité francophones et auront accès à moins
de services spécialisés. Les patients de la Régie B seront à majorité anglophones et auront accès à tous les services », a déploré Dre
Chantal Arsenault.

 

« Le premier ministre dit que le bilinguisme va être respecté. Pour nous, ce n’est pas assez, ce sont des paroles en l’air. Il faut que ce
soit écrit dans la loi », a-t-elle ajouté.
Finalement, le président de la Coalition canadienne de la santé, Michael McBane, a mis en garde les Néo-Brunswickois contre les effets
pervers de la privatisation du système de santé.
« Roy Romanow a fait des recherches pendant deux ans et il a conclu dans son rapport qu’il n’y a pas de preuve que la privatisation
coûtera moins cher pour opérer le système. En fait, il a découvert que le fait d’ouvrir le système de santé au privé serait perçu comme
une trahison dans la population », a-t-il expliqué.
« Est-ce que Mike Murphy se souvient de Roy Romanow? » a-t-il demandé, provoquant des rires dans la foule.
Après les présentations, plusieurs citoyens ont exprimé le désir de continuer la lutte contre la réforme de la gouvernance et contre le
désir du gouvernement Graham de donner plus de place au privé en santé. Il semble que la Coalition organisera des rencontres
semblables à celle d’hier soir dans d’autres régions de la province pour faire grandir le mouvement de protestation.
D’autres ont suggéré de recourir aux tribunaux ou encore de demander à l’ombudsman de la province d’enquêter sur la légalité du
projet de loi 34.

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