Gestion à distance: une mauvaise idée, croient les médecins du Sud-Est

MONCTON – Un groupe de médecins de la Régie de la santé Beauséjour s’est officiellement opposé à la création de deux régies de la
santé, hier, à Moncton. Ils ne veulent pas d’une gestion à distance et estiment que les services offerts de part et d’autre seront
déséquilibrés et défavoriseront les francophones.
Ils disent que l’une de leur principale préoccupation a trait à la gestion à distance. Ils croient que la centralisation administrative
compliquera la vie des professionnels, et cela, au détriment des soins quotidiens donnés aux patients.
« Dans un hôpital, nous sommes confrontés tous les jours à des situations qui demandent des réactions rapides. Comment les
gestionnaires, qui seront éloignés, pourront-ils réagir efficacement, alors qu’ils seront loin des équipes médicales, qui ont souvent besoin
de décisions rapides pour intervenir adéquatement », a expliqué le président du Comité pour l’égalité en santé, Hubert Dupuis, et
membre du conseil d’administration de la Régie Beauséjour.
Ce Comité a été formé à la suite de l’annonce de la réforme sur la santé du ministre Murphy.
Dr Dupuis a également mentionné que la gestion à distance aura un effet négatif sur la mobilisation et la motivation du personnel et
engendrera une perte du sentiment d’appartenance.
Il croit que le recrutement sera plus difficile en raison du grand territoire qu’occuperont les régies.
Denise Gallant, présidente du Conseil des médecins de l’Hôpital Stella-Maris, de Saint-Anne-de-Kent, a parlé de l’importance de la
collaboration au sein de la régie actuelle, notamment avec les médecins de l’hôpital Dr-Georges-L.-Dumont qui vont à son établissement
pour combler des besoins de personnel.
« À toutes les fois que je vais avoir besoin d’aide dans mon urgence, parce que vous savez que dans les régions rurales on a parfois de
la difficulté à avoir des médecins et des infirmières, et que je vais m’adresser à Bathurst (où sera situé le siège social de la Régie A)
pour avoir de l’aide, ça ne marchera pas », a avancé Dre Gallant.
Elle craint que si les ressources ne sont pas suffisantes à son hôpital et qu’elle ne peut pas combler les besoins, l’urgence et des lits
devront fermer et l’hôpital s’éteindra à petits feux.
« Je parle pour la région rurale de Kent, mais ça implique toutes les régions rurales partout dans la province », a-t-elle ajouté.
« D’après moi, le résultat final sera que nous, les médecins, qui fournissons les soins auprès des malades n’aurons plus de poids à
l’intérieur des institutions respectives », a pour sa part indiqué une des membres du Conseil des médecins, Denise Melanson-Candela.
Celle-ci voit déjà les projets locaux ou régionaux se retrouver sous une pile de priorités dans une administration centralisée

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