Entrevue avec la médecin-hygiéniste en chef sur l’éclosion de coqueluche

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Le Nouveau-Brunswick est actuellement aux prises avec une éclosion de coqueluche (toux coquelucheuse). Jusqu’à présent cette année, plus de 1 200 cas de coqueluche ont été diagnostiqués au Nouveau-Brunswick. Nous avions certaines questions à poser sur la façon dont les éclosions sont traitées et sur ce qui en constitue une éclosion. Nous avons donc rencontré la médecin-hygiéniste en chef du Nouveau-Brunswick, la Dre Eilish Cleary, pour en apprendre davantage sur ce que la Santé publique fait pour gérer l’éclosion actuelle.

  1. La Santé publique suit-elle toujours la progression de la coqueluche dans la province?

    rencontré la médecin-hygiéniste en chef du Nouveau-Brunswick, la Dre Eilish Cleary

    Oui, nous surveillons toujours la coqueluche. En vertu de la Loi sur la santé publique, la toux coquelucheuse est une maladie à déclaration obligatoire. Les laboratoires et les cliniciens du Nouveau-Brunswick sont tenus de signaler au bureau de la Santé publique de leur région les cas de coqueluche confirmés (diagnostiqués par un laboratoire) et soupçonnés (diagnostic clinique). Le personnel régional de la Santé publique entre les données recueillies auprès des laboratoires et des cliniciens dans le système provincial qui est surveillé par l’équipe d’épidémiologie, ici au bureau principal.

  2. Comment déterminez-vous s’il s’agit d’une éclosion ou seulement d’un nombre élevé de cas?

    Nous avons plusieurs procédures pour surveiller et contrôler les maladies et les empêcher de se propager. Dans le cas de l’éclosion de coqueluche, nous avons remarqué en janvier une augmentation du nombre de cas de toux coquelucheuse signalés, ici au Nouveau-Brunswick. Nous avons commencé à surveiller la situation de près et nous avons pu déterminer qu’il y avait une éclosion à l’échelle provinciale en février. Une éclosion provinciale signifie que des cas de coqueluche ont été signalés dans plus d’une région sanitaire au Nouveau-Brunswick et que le nombre de cas est plus élevé que prévu comparativement aux années précédentes.
  3. Qu’a fait la Santé publique à la suite de la déclaration de l’éclosion?

    À la Santé publique, nous prenons toutes les éclosions au sérieux; lorsque nous avons déclaré l’éclosion de coqueluche à l’échelle provinciale au mois de février, nous avons rassemblé une équipe interne de surveillance de l’éclosion au sein du Bureau du médecin-hygiéniste en chef (Santé publique) et une équipe régionale de surveillance de l’éclosion qui comprend du personnel de la santé publique des bureaux régionaux.
  4. Que font ces équipes? Les équipes qui surveillent l’éclosion se rencontrent régulièrement afin de discuter de plusieurs questions importantes telles que :
    • les renseignements relatifs à l’éclosion (nombre de cas, détails concernant les cas, nombre d’hospitalisations, etc.);
    • la surveillance des cas de coqueluche (pour cette éclosion, nous avons mis en œuvre des mesures de surveillance accrues);
    • les mesures qui devraient être prises pour gérer l’éclosion (création de lignes directrices pour les médecins et les laboratoires);
    • la prestation de renseignements au public, aux médecins, aux laboratoires et autres intervenants.
  1. Lorsque vous avez reconnu qu’il y avait une éclosion, quelles mesures avez-vous prises pour arrêter ou ralentir l’éclosion? Durant l’éclosion de coqueluche, nous avons pris les mesures suivantes pour éviter que d’autres personnes soient malades :
    • renseigner les membres du public sur la maladie et la nécessité de continuer de prendre des mesures de prévention simples et de consulter leur médecin de famille lorsqu’ils présentent des symptômes comme ceux de la toux coquelucheuse;
    • protéger les personnes vulnérables qui peuvent avoir été en contact avec une personne qui a reçu un diagnostic de coqueluche étant donné qu’elles peuvent nécessiter un traitement. L’équipe régionale de la santé publique est chargée de déterminer quelles sont les personnes vulnérables;
    • encourager la vaccination conformément au calendrier d’immunisation systématique, en particulier les bébés, les enfants et les personnes en contact avec des nourrissons et de jeunes enfants. Les bébés sont les plus à risque et peuvent devenir très malades s’ils attrapent la coqueluche. L’immunisation est aussi offerte aux personnes qui sont en contact étroit avec quelqu’un qui a la coqueluche (si leur vaccination n’est pas à jour avec le calendrier d’immunisation systématique);
  • les médecins et les infirmières de la santé publique des régions continuent d’effectuer le suivi avec les personnes qui ont contracté la maladie et qui ont été en contact avec la coqueluche.Au bureau de la Santé publique, nous recevons les rapports sur tous les cas de coqueluche de la province. Nous effectuons différentes analyses des cas selon l’âge, l’endroit où les personnes atteintes vivent et leur état immunitaire. Cela nous aide à déterminer ce que nous pouvons faire pour arrêter l’éclosion ou l’empêcher de progresser. Pour cette éclosion en particulier, nous avons découvert qu’au début de celle-ci, la plupart des cas provenaient du groupe âgé de 10 à 14 ans dans les régions de Moncton et de Saint John. Par conséquent, nous avons décidé de mettre en œuvre la campagne de vaccination dcaT (coqueluche) le printemps dernier dans les écoles (pour les élèves de 6e, 7e et 8e année) et nous entreprendrons cet automne une autre campagne dans toute la province pour les élèves de 7e, 8e et 9e année. Étant donné que la coqueluche est une maladie pouvant être prévenue par un vaccin, nous encourageons tous les Néo-Brunswickois à s’assurer que leur vaccination est à jour selon le calendrier du Nouveau-Brunswick.
  1. Qu’en est-il des personnes les plus à risque de contracter la coqueluche? Que fait-on pour protéger les personnes les plus vulnérables?

    Tout le monde peut contracter la coqueluche, mais les personnes les plus exposées au risque de complication sont les nourrissons de moins d’un an. Lorsque les cas sont diagnostiqués, les bureaux régionaux de la Santé publique évaluent la situation et déterminent si des personnes vulnérables sont présentes (bébés de moins d’un an, femmes enceintes, personnes souffrant de maladies sous-jacentes, etc.). S’il existe des personnes vulnérables, un traitement préventif est prescrit pour elles afin d’éviter qu’elles contractent la maladie.
  2. Comment allez-vous continuer de gérer l’éclosion? Pour la gestion de l’éclosion, nous informons les médecins de famille de la situation et de l’importance de dépister, de recenser et de traiter les cas. Nous avons aussi mis en œuvre des exigences pour une surveillance continue. Nous continuons d’informer le public de l’importance d’être immunisé et de mettre à jour ses vaccins.Nous allons continuer de gérer l’éclosion grâce à :
    • une surveillance continue de la situation;
    • des communications ininterrompues avec le public et les médecins;
    • notre campagne de vaccination automnale dans les écoles;
    • une sensibilisation du public envers l’importance de l’immunisation.

Le site Web du Ministère est une excellente ressource pour obtenir des renseignements sur la coqueluche. Pour en savoir plus sur la campagne de vaccination, les faits sur la toux coquelucheuse et l’immunisation systématique, visitez notre site Web.