Droit aux services bilingues

En février 2009, le Moncton Times et le Telegraph publiaient l’article suivant que j’avais écrit en anglais afin de m’adresser directement à leurs lecteurs.
Je me souviens dans les années 1970 avoir vu ma mère revenir de magasinage à Bathurst les mains vides parce qu’elle ne pouvait pas communiquer en anglais. Étant présente, je me souviens comment rudes et impolis étaient les commis de magasin à son égard parce qu’elle avait osé s’adresser dans la seule langue qu’elle connaissait, le français. En tant qu’enfant, je ne pouvais comprendre ce manque de respect et ce malaise que je ressentais.
Les temps ont changé et je peux maintenant être servie en français par des anglophones bilingues. S’ils ne le sont pas, en général, ils m’en informent d’une façon respectueuse.
Ma mère n’a pas eu cette possibilité quand elle a élevé sa famille, ni même avant qu’elle ne meure en 1983. Ayant eu un diagnostic de cancer, elle a été transférée de la Péninsule acadienne à Saint-Jean (après deux mois d’attente). Une fois là, elle a dû faire face à la barrière de la langue. Imaginez le désarroi, loin de chez elle, malade et ne pouvant exprimer ses douleurs et ses besoins en plus d’être entourée d’étrangers. Du progrès a été accompli depuis, mais il y a énormément de travail à faire.
Certaines personnes ont une réaction hostile quant à la question des droits à l’éducation et à la santé en français. Elles croient que nous coûtons trop cher et que nous devrions être satisfaits d’avoir accès à des services en éducation et en santé. POURQUOI? Ces services ne sont pas un luxe, mais un besoin primaire essentiel afin de vivre sa vie avec dignité. Le respect et la justice doivent dominer, et non la division de nos deux groupes. Nous enlever nos droits d’apprendre et de recevoir des soins est immoral et inconstitutionnel.

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