Doctorat en pharmacie à l’Université de Moncton: le projet retardé

MONCTON – Le futur programme conjoint de doctorat en pharmacie de l’Université de Moncton et de l’Université d’Ottawa fait face à un sérieux obstacle.

L’Acadie Nouvelle annonçait en exclusivité en février l’intention de l’Université de Moncton de lancer dès septembre 2015 un programme de formation en pharmacie conjointement avec sa consoeur de la capitale canadienne.

Le journal a appris en exclusivité cette semaine que l’avenir de ce programme était des plus incertains. Les deux universités ont essuyé récemment un revers de la part de Santé Canada qui devait financer le projet d’une dizaine de millions de dollars.

Le Consortium national de formation en santé (CNFS) qui avait accepté le projet en principe comptait sur le financement accordé à Santé Canada par Patrimoine canadien dans le cadre du renouvellement de la Feuille de route sur les langues officielles pour financer à son tour de programme de pharmacie.

Le gouvernement du Canada a annoncé à la fin mars le renouvellement de la feuille de route avec une nouvelle enveloppe de 1,1 milliard $ sur cinq ans. Une augmentation de 24 millions $ au total, mais qui demeure en deçà de l’inflation.

Puisque l’argent accordé à Santé Canada pour la formation en milieu minoritaire n’a pas été bonifié, le ministère a choisi de financer les mêmes initiatives au même montant.

Le CNFS bénéficiera donc des mêmes subventions de 2013 à 2018, mais pas du nouvel argent qui lui aurait permis de financer le programme conjoint de pharmacie. Le consortium est financé entièrement par Santé Canada.

«Le consortium a quand même reçu le même montant pour les cinq prochaines années qui est quand même de 86,5 millions $. L’argent est redistribué dans les 11 universités et collèges qui sont membres du CNFS», explique la directrice générale du consortium, Jocelyne Lalonde.

Les initiatives déjà en place dans ces 11 établissements ont toutes été renouvelées, note-t-elle, mais pour financer également le nouveau programme de pharmacie des universités de Moncton et d’Ottawa, «il aurait fallu en enlever à Pierre pour en donner à Thomas», résume Mme Lalonde.

Sans surprise, l’Université de Moncton ne cache pas sa déception devant cette situation.

«Nous sommes déçus comme l’est notre partenaire à l’Université d’Ottawa», confie le vice-recteur à l’enseignement et à la recherche de l’U de M, Neil Boucher.

«On avait un très bel arrangement. On avait déjà déposé les grandes lignes du projet de coopération quant au nombre d’étudiants de chacune des deux universités et le partage des ressources. On pensait qu’on avait un projet qui se tenait bien debout pour remplir le vide (en matière de formation en pharmacie) dans les communautés minoritaires», explique-t-il.

M. Boucher ne va pas jusqu’à dire que le projet est à l’eau, mais sa réalisation est certainement retardée.

«Nous allons voir ce que nous pouvons faire pour essayer de trouver d’autres sources de financement. Le projet n’est pas mort pour autant, mais disons qu’il est présentement en veilleuse», constate le vice-recteur.

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