Un deuxième chirurgien orthopédique réclamé dans le Restigouche

le jeudi 21 mars, 2013

CAMPBELLTON – Seul chirurgien orthopédique du Restigouche, le Dr Gilles Verret, rompt le silence et dénonce l’entêtement du Réseau de santé Vitalité à ne pas munir sa région d’un second spécialiste en la matière.

Jeudi, le Dr Verret a confronté le Réseau de santé Vitalité. Statistiques à l’appui, il tend à démontrer la pertinence de l’embauche d’un second chirurgien orthopédique pour l’Hôpital régional de Campbellton.

«Je n’aime vraiment pas passer par la place publique pour faire bouger les choses, je préfère de loin régler les problèmes à l’interne. Mais là, ça ne peut plus durer. Nous nous sentons comme des orphelins ici, complètement abandonnés par le Réseau de santé Vitalité. On sent qu’il n’y a absolument aucune volonté de recruter», confie le chirurgien orthopédique et président du Conseil des médecins de la zone 5 (Restigouche).

En fait, ce dossier perdure depuis six ans maintenant. En 2007, une recommandation avait été effectuée à la régie de l’époque pour l’embauche d’un second orthopédiste. Malgré des données favorables envers un tel recrutement, le Réseau de santé s’est toujours refusé à doter la région d’un second spécialiste.

Dans les faits, dans le nord de la province, Campbellton est le seul hôpital régional à n’avoir qu’un seul chirurgien orthopédique. Edmundston en a quatre, Bathurst trois et Miramichi deux.

«Je suis bien content pour ces hôpitaux et je ne veux rien enlever à personne. Ce que je demande par contre, c’est que l’on soit équitable et qu’on embauche un second chirurgien orthopédique pour notre région», dit le Dr Verret.

Et cette demande est loin d’être un caprice, mais bien un besoin urgent, s’empresse-t-il d’ajouter.

Selon les statistiques provinciales, toutes catégories confondues, c’est au Restigouche que l’on retrouve le plus grand nombre de patients en attente pour des chirurgies orthopédiques dans le Nord. Dans certaines catégories – notamment les chirurgies orthopédiques moins urgentes – l’attente est exponentielle.

Pour ce qui est du Dr Verret, impossible d’opérer davantage. Celui-ci est déjà à son maximum alors que le carnet de patients, lui, ne fait qu’augmenter.

«Ce n’est pas une question de manque d’équipement ni de disponibilité du bloc opératoire. On est équipé à la fine pointe de la technologie, on a du temps pour opérer et de nombreux patients à opérer. Ce qui manque, c’est un chirurgien pour le faire», dit-il, blâmant le Réseau de santé Vitalité de laisser traîner les choses, voire même de pratiquement nuire de façon délibérée à la qualité du service au Restigouche.

«Récemment, un chirurgien orthopédique originaire du Nouveau-Brunswick est venu cogner à notre porte, mais il s’est fait dire qu’il n’y avait pas de place. On l’aurait pris à bras ouverts, mais nos autorités disent non. C’est un non-sens, car le besoin est là», explique-t-il.

Pour lui, donc, un constat sévère s’impose.

«Il semble que le réseau et le gouvernement ne se basent pas sur ces données lorsque vient le temps de prioriser le recrutement. On semble plutôt favoriser un plan de développement basé sur des opinions et des impressions et non sur des données scientifiques. Une telle façon de faire va à l’encontre de la formation médicale», rage le chirurgien, non sans se demander quels sont les plans à moyen et long terme, branlant par le fait même le spectre de la fermeture du service restigouchois au profit d’une centralisation vers Bathurst.