Des patients ont reçu une dose de chimio trop faible

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le mercredi 3 avril, 2013

FREDERICTON – Le premier ministre David Alward de même que le critique de l’opposition officielle en matière de Santé, Donald Arseneault, ont exprimé mercredi leur préoccupation pour la santé des patients néo-brunswickois qui ont reçu des doses de médicaments de chimiothérapie inférieures à celles qui étaient prévues.

Plus tôt cette semaine, la direction de l’Hôpital régional de Saint-Jean a informé, par lettre recommandée et par téléphone, 186 de ses patients – qui résident principalement dans le sud de la province – que la dose de médicaments qu’ils avaient reçue dans le cadre de leur traitement était inférieure à celle prévue.

Ce médicament, le cyclophosphamide, sert au traitement de certains cancers, y compris celui du sein et le lymphome hodgkinien, et d’autres problèmes médicaux. Les sacs préparés auraient contenu trop de solution saline, ce qui a dilué l’agent de chimiothérapie.

«C’est une situation sérieuse et nous sommes inquiets pour les patients. Mais le personnel médical a toute ma confiance. Cette situation est la responsabilité du Réseau de santé Horizon et je vous invite à lui adresser toute autre question que vous auriez à ce sujet», a déclaré le premier ministre David Alward.

«Ces gens-là (les patients) c’est sûr qu’ils sont préoccupés et nous voulons nous assurer qu’ils reçoivent toute l’attention dont ils ont besoin dans cette période difficile. Nous allons suivre ce dossier de près», a pour sa part indiqué Donald Arseneault.

Puisque le traitement est différent pour chaque patient, il est difficile pour les autorités de mesurer l’impact de cet incident sur la santé des malades. La direction de l’établissement conseille aux personnes concernées de consulter leur médecin.

L’Hôpital régional de Saint-Jean se procurait le médicament auprès d’un fournisseur depuis mars 2012, et tente maintenant de déterminer avec celui-ci la cause de cette erreur de dosage.

Incident rare

Le Dr John Dornan, chef du personnel médical de l’Hôpital régional de Saint-Jean, souligne que ce genre d’incident est rare, mais que l’établissement prend l’affaire au sérieux.

«De tels incidents sont rares. Toutefois, lorsqu’ils se produisent, nous avons en place des processus pour traiter le problème de façon réceptive, ouverte et transparente. L’hôpital prend cette affaire très au sérieux et communique actuellement avec les patients touchés et leurs familles», a-t-il déclaré.

Depuis qu’il a été avisé de cette erreur le jeudi 28 mars, l’hôpital revoit et mélange lui-même les médicaments de chimiothérapie qu’il administre.

Dès réception de l’avis, l’hôpital a retiré de la circulation la cyclophosphamide obtenue du fabricant concerné et s’est procuré un nouvel approvisionnement adéquat de ce médicament pour utilisation subséquente. Les cycles de traitement ne seront aucunement interrompus pendant la transition à ce nouvel approvisionnement.

Mardi, quatre hôpitaux de l’Ontario ont annoncé avoir contacté plus de 1100 patients atteints du cancer en raison d’un problème semblable.

Au Nouveau-Brunswick, le problème est limité à l’Hôpital régional de Saint-Jean. Le problème ne se pose pas au Réseau de santé Vitalité puisqu’il ne reçoit pas de produit en provenance du fournisseur mis en cause.

Peu d’impacts probables sur la santé

Au Réseau du cancer du Nouveau-Brunswick, l’oncologue Eshwar Kumar a estimé que les doses plus faibles qui ont été administrées ne devraient pas avoir eu d’impacts sur le traitement des patients.

Par ailleurs, le fournisseur du médicament, Marchese Hospital Solutions, s’est dit «très préoccupé» par les questions soulevées quant à la qualité de son travail, et a assuré qu’il s’attaquait déjà à ces problèmes.

Sur son site Internet, l’entreprise assure qu’une enquête préliminaire révèle que ses médicaments respectent les normes indiquées dans le contrat.

Le Collège des pharmaciens de l’Ontario collabore avec le fournisseur Marchese Hospital Solutions, a indiqué la ministre Matthews.

– Avec des extraits de LA PRESSE CANADIENNE