Des patients laissés à leur triste sort

Lamèque-Dieppe. Nous rentrons chez nous le 18 juin 2014. En route, nous rendons visite à maman hospitalisée depuis un mois et demi à l’hôpital de Tracadie-Sheila.

Comme nous avons une amie hospitalisée depuis une semaine à ce même hôpital, nous passons la voir. Nous la retrouvons en pleurs, paniquée, tremblante. Mais que se passe-t-il donc?

Une médecin vient de lui annoncer froidement que la batterie de tests effectués à Bathurst quelques jours plus tôt a révélé une situation urgente et qu’elle doit être conduite, je dis bien conduite et non transportée à l’hôpital anglais de Moncton, sur-le-champ. L’hôpital lui avait imposé cette même contrainte pour la batterie de tests à Bathurst.

Sûrement que l’ambulance est sur le point d’arriver, lui dis-je. Non, l’hôpital refuse de me fournir l’ambulance; je dois compter sur quelqu’un de ma famille pour me conduire et je ne peux joindre personne. Un stress épouvantable l’envahit. Mon mari et moi, qui sommes devant une dame de plus de 65 ans qui a souffert d’un cancer du poumon quelques années auparavant, très très fragile, qui s’est vue perdre l’usage de ses jambes la semaine dernière et qu’on laisse se débattre de toute son âme pour se rendre à Moncton parce que l’hôpital lui refuse le service ambulancier. Renversant. Je sens mon indignation en forte ébullition. Comment, mais comment cela est-il possible?

Je suis à la fois incrédule et manifestement horripilée devant ce personnel qui ne trouve qu’à dire que c’est la politique du Réseau de santé du Nord-Est. Une forme non moins évidente d’intimidation de la part d’une employée qui sort de je-ne-sais-où pour se mêler de l’affaire… C’en était trop. J’en étais encore plus montée en épingles du haut de mes cinq pieds et quatre face à cette tactique honteuse.

Mon amie a été hospitalisée, des tests ont révélé de sérieux problèmes, elle ne peut plus marcher, elle est transférée dans un autre hôpital à Moncton sur les ordres d’un médecin et elle doit trouver ses propres moyens pour s’y rendre ce jour-là. Et elle doit s’abstenir de manger et de boire. Sérieux, n’est-ce pas? Sommes-nous au Nouveau-Brunswick? Et l’hôpital qui refuse de la faire transporter en ambulance pour des raisons absurdes.

Bien que nous sachions que ce n’est pas nous qui devrions transporter notre amie à Moncton en raison des risques inhérents pour notre passagère, nous décidons tout de même de l’emmener. Son état est fort inquiétant. Or, l’hôpital exige, imaginez EXIGE, qu’un membre de sa famille vienne signer pour que nous partions avec elle. Son fils qui doit s’occuper de son enfant arrive donc de Lamèque plus d’une heure plus tard. Une autre aberration: l’hôpital n’a pas besoin de sa signature, seulement de son consentement verbal.

C’est du harcèlement, ma foi. Un abus de pouvoir, de l’insensibilité, de la pure insipide démagogie. Ou pire encore, un manque flagrant de services de cet hôpital qui se replie sur les politiques du réseau de santé. C’est une abomination.

À Moncton, la chirurgie aurait eu lieu ce jour-là si mon amie était arrivée plus tôt. Et elle serait arrivée à temps si les services ambulanciers avaient été adéquats ou si l’hôpital n’avait pas exigé le consentement verbal de son fils en personne à l’hôpital. C’est le lendemain que mon amie apprend le triste sort qui l’attend.

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