Des institutions de santé pour les francophones et le droit de les gérer

L’égalité en santé au Nouveau-Brunswick est loin d’être atteinte. Entre les communautés anglophones et francophones, il existe encore un fossé que l’on retrouve notamment en santé.

 

L’ancien gouvernement provincial, celui du libéral Shawn Graham, avait réformé le système de santé en implantant une régie anglophone et une régie bilingue. Égalité santé en français (ÉSF) s’y était farouchement opposé et avait intenté une poursuite judiciaire contre le gouvernement, en vertu de la Charte canadienne des droits et libertés et de la loi 88 reconnaissant l’égalité des deux communautés linguistiques officielles au Nouveau-Brunswick. En avril 2010, pour mettre fin à la contestation judiciaire entamée par ÉSF, le gouvernement provincial avait accepté de revoir sa réforme des régies de santé.

Lors d’une entente hors cour avec le gouvernement, ÉSF obtenait les reconnaissances suivantes pour tous les francophones de la province:

  • Le droit à des institutions de santé francophones;
  • La confirmation que la régie A devenait une régie francophone (Vitalité) et non une régie bilingue;
  • L’inégalité des services de santé existe bel et bien entre la communauté francophone et la communauté anglophone;
  • L’obligation pour le gouvernement de préparer un plan quinquennal de rattrapage des services de santé entre les deux communautés linguistiques de la province;
  • La représentation des communautés francophones et anglophones dorénavant au sein de FacilicorpNB et du Conseil de santé du N.-B. ;
  • La reconnaissance du droit d’élire la majorité des membres des conseils d’administration en mai 2012.

 

De plus, le Conseil de santé du N.-B. devra maintenant tenir compte également des intérêts et des besoins de la communauté francophone dans ses activités. Le gouvernement a révisé les frontières des territoires couverts par les régions des régies de santé à l’été 2011.

 

Avec sa poursuite, ÉSF a aussi obtenu la création d’un centre hospitalier universitaire (CHU) et des centres hospitaliers affiliés universitaires (CHAU). Bien que le Centre hospitalier universitaire Dr-G.-L.-Dumont (CHUD) ait été officiellement nommé, il est loin d’être réellement mis en place. Il lui faudra une véritable structure et un financement additionnel afin de réaliser sa mission qui est de contribuer à la formation et à la recherche médicale. Quant aux CHAU, ils se font encore attendre.

 

Malgré ses nombreux gains pour les francophones, Égalité santé en français poursuit son travail de revendication, car l’égalité n’est toujours pas atteinte. Que reste-il à obtenir?

 

  • Un plan de rattrapage des soins de santé entre les deux régies. Ce plan de rattrapage doit se faire tant au niveau des soins tertiaires (centre de cathétérisme cardiaque par exemple), secondaires spécialisés (neurologie par exemple), et secondaires qu’au niveau des soins primaires;
  • Une égalité réelle entre la régie Vitalité et la régie Horizon dans la livraison des services de soins de santé;
  • Un CHU et des CHAU fonctionnels, financés et capables d’offrir une excellente formation médicale et d’attirer des scientifiques pour faire avancer la recherche médicale dans notre milieu;
  • Une régie dont le conseil d’administration élu par la population pourra lui-même élire sa présidence et choisir son PDG, en plus de diriger ses établissements;
  • Le droit pour tous les francophones peu importe leur lieu de résidence de choisir un représentant sur la régie de santé de leur choix;
  • La décentralisation des pouvoirs de gestion et gouvernance au niveau local.

 

La mission d’Égalité santé en français n’est pas accomplie: nous sommes déterminés à continuer notre travail et à faire avancer le dossier de la santé pour tous les francophones. Nous voulons comme la population du grand Caraquet et du Comité Action H continuer à revendiquer ce à quoi nous avons droit comme collectivité francophone. Nous voulons collaborer avec le réseau de santé Vitalité pour faire avancer le dossier de santé pour la communauté francophone, pour toutes les régions francophones et pour tous les francophones. C’est ce que nous avons fait depuis notre création et nous continuerons de le faire.

 

Nous voulons encore une fois féliciter Le Comité H et la population qui l’a inlassablement appuyé pour le retour de l’arrêt d’ambulance et du statut d’urgence à l’hôpital de Caraquet.

 

En terminant, nous vous encourageons à voter le 14 mai prochain pour votre représentant au sein du réseau de santé Vitalité. «Votre vote compte.»

 

Un droit n’est pas un droit tant et aussi longtemps que nous ne le réclamons pas ou ne l’exerçons pas.

 

 

 

Dr Hubert Dupuis

Président

Égalité santé en français Nouveau-Brunswick

www.egalitesante.com