Des inquiétudes persistent

Moncton – Les amendements apportés par le ministre Mike Murphy au projet de loi 34 sur la gouvernance en santé n’ont surpris personne, hier, puisque la Régie A ne sera pas désignée comme étant francophone. Mike Murphy a été très clair: son gouvernement n’allait pas reconnaître la Régie A comme étant francophone. « Il s’agit d’un seul système de santé qui sert tous les gens dans la langue de leur choix. Cela ne changera jamais sous le gouvernement actuel », a-t-il précisé dans son discours en Chambre.

Le ministre a aussi indiqué que le fonctionnement des conseils d’administration se fera « selon la langue de la majorité de la population desservie », soit en français pour la Régie A et en anglais pour la Régie B. Pour Roger Doiron, coprésident de la Coalition de la santé du Nouveau-Brunswick, cela n’a rien de rassurant. « On se pose beaucoup de questions par rapport à la signification des amendements et il va falloir analyser cela plus en détail dans les prochains jours. Mais une chose est certaine, ces amendements ne reconnaissent pas que la Régie A est une régie francophone dont la langue de travail sera le français », dit-il.
En ce qui a trait à la création d’un groupe de travail pour étudier le projet de Centre hospitalier universitaire à l’Hôpital Georges-Dumont, Roger Doiron mentionne que c’est, selon lui, de la poudre aux yeux. « Parfois, les gouvernements créent des groupes de travail pour retarder les choses », a-t-il lancé. Le président du Comité pour l’égalité en santé, le Dr Hubert Dupuis, note quant à lui une ouverture du gouvernement Graham par rapport à leurs revendications, pour ce qui est de la langue de fonctionnement des conseils d’administration des régies régionales. Pour le reste, ajoute-t-il toutefois, les amendements n’ont pas atténué les inquiétudes. « Le reste de nos demandes sont restées lettre morte. Nous allons continuer à exiger que la Régie A soit désignée comme étant
acadienne et francophone », a précisé le Dr Dupuis.

Pour sa part, le juriste Michel Doucet croit que les amendements apportés par le ministre Murphy en ce qui a trait à la langue de travail des hôpitaux feront en sorte de préserver le statu quo pour certaines institutions. « Je pense à un cas comme Bathurst qui se dit bilingue. Est-ce que cet hôpital pourrait choisir de fonctionner en français? Il va falloir que le ministre clarifie cela. Je ne sais pas s’il va falloir que la nouvelle régie reconfirme à nouveau la langue de travail de chaque hôpital », soutient-il. Me Doucet estime aussi que le fonctionnement des conseils  d’administration se fera « selon la langue de la majorité de la population desservie », pourrait poser problème.
« Actuellement, la Loi sur les langues officielles a préséance sur les autres lois. Peut-être que le ministre de la Justice devra apporter une modification à la Loi sur les langues officielles pour que celle-ci n’ait pas préséance sur la Loi qui régit les régies régionales. Parce qu’en vertu de la Loi sur les langues officielles, un anglophone pourrait revendiquer le droit d’utiliser l’anglais aux réunions de la Régie A. »

De plus, fait remarquer Michel Doucet, le ministre de la Santé n’a pas soufflé un mot sur la langue de fonctionnement de l’Agence des services non cliniques dans ses amendements. En bref… La présidente de la SAANB, Marie-Pierre Simard, a préféré n’émettre aucun commentaire, hier, à la suite du dépôt des amendements au projet de loi 34. « Je ne suis pas certaine de vouloir donner une réaction. Il faut quand même prendre le temps de s’asseoir et de mesurer la portée des amendements à la lueur de ce que certains experts en pensent. » –

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