Des entités émasculées

Si le ministre de la Santé du temps de Shawn Graham, Mike Murphy, avait eu assez de vision pour créer deux régies basées sur la langue avec tout ce que cela suppose, il est très probable qu’Égalité santé en français n’aurait jamais vu le jour. Les Acadiens n’auraient pas eu besoin de se regrouper pour réclamer le droit à la gestion des hôpitaux. Le gouvernement de l’époque en a fait fi, et rien n’a bougé jusqu’à ce que les francophones amènent toute l’affaire devant les tribunaux.

Pour contre-attaquer, le gouvernement a dépensé, sans scrupule, des sommes incroyables. Il a embauché une armée de jeunes avocats acadiens pour aller dire en cour que les leurs n’avaient pas droit à la gestion des hôpitaux comme en éducation. Devant l’évidence, et sentant que les Acadiens auraient raison, on s’est entendu hors cour. Le gouvernement n’aurait-il pas pu le prévoir? N’a-t-il pas à son service une armée de fonctionnaires? Les documents constitutionnels ne sont-ils pas suffisamment clairs?

Et, dans le processus de rédemption, on a mis en place deux entités, dont l’une francophone, avec des majorités de membres élus. Mais le hic, c’est que le ou la ministre nomme la direction générale ainsi que la présidence des régies. Où réside alors le véritable pouvoir? De qui le directeur général est-il l’employé? À qui doit-il sa fidélité? En somme, les régies sont des corps émasculés?

De quoi les gouvernements ont-ils peur? De la critique? Des revendications? En démocratie, cela est essentiel pour les tenir sur leurs gardes. Ils ont le gros bout du bâton. Ce sont eux qui contrôlent les cordons de la bourse.

Le gouvernement actuel pourrait corriger l’anomalie en offrant aux citoyens de la province de vraies régies de la santé avec les pouvoirs qui s’imposent.

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