Plus de 5 millions $ pour la recherche en santé à Moncton

le mardi 21 mai, 2013

MONCTON – Le gouvernement du Canada a annoncé mardi un investissement de près de 5,6 millions $ pour deux projets novateurs en recherche et développement dans le domaine des soins médicaux.

C’est au nom de sa collègue Gail Shea, la ministre de l’Agence de promotion du Canada atlantique, que le député Robert Goguen (Moncton-Riverview-Dieppe) est venu en faire l’annonce publique, au cours d’une conférence de presse à l’Université de Moncton (U de M). Sélectionnés par le Fonds d’innovation de l’Atlantique, les deux projets recevront respectivement 2,7 et 2,9 millions $.

Le premier projet, piloté par le Département de chimie et de biochimie de la Faculté des sciences de l’U de M, vise l’exploration des bienfaits de la plante AHI flower pour la santé.

«Il s’agit d’une plante sauvage qui produit des graines qui contiennent de l’huile végétale, une source importante d’oméga 3, a expliqué à l’Acadie Nouvelle le professeur Marc Surette. Ces oméga 3 sont différents des autres produits provenant de plantes. Ils ressemblent beaucoup plus aux oméga 3 qu’on trouve dans l’huile de poisson.»

À ce jour, il n’existe aucune plante qui produit naturellement des oméga 3 de qualité similaire à ceux provenant des sources marines, qui sont les plus réputés pour leurs effets bioactifs dans le corps humain.

Avec leur partenaire Technology Crops International, les chercheurs de l’U de M effectuent des croisements afin de pouvoir cultiver la plante en milieu agricole. Ils ont également déposé une demande de brevet en vue de développer et de produire des biofertilisants, afin d’augmenter le rendement de l’AHI flower et la présence des oméga 3 dans la plante.
«Les sources marines d’oméga 3 sont en train de s’épuiser et le coût est en augmentation, alors on se tourne de plus en plus vers les sources végétales. À la suite de croisements naturels pour la domestiquer, l’AHI flower est en train de devenir une plante agricole, mais elle n’est pas génétiquement modifiée», a précisé pour sa part le professeur Martin Filion.

Le financement du FIA permettra également d’effectuer des tests cliniques sur les humains afin d’évaluer l’importance de l’huile d’AHI flower sur la santé. Le projet vise aussi à identifier des molécules dérivées de l’huile, qui pourraient produire des médicaments capables de soigner notamment des maladies inflammatoires.

Le deuxième projet visé cherche à étudier la perte du chromosome 3, qui a pour conséquence que certains cancers résistent aux traitements actuels. Une nouvelle approche thérapeutique est à l’étude par des chercheurs de l’Institut atlantique de recherche sur le cancer, en collaboration avec ceux de l’Université de Moncton.

«La nouveauté de notre approche nous permettrait de tuer seulement les cellules cancéreuses et de peu toucher aux cellules normales, et donc de diminuer les effets secondaires des traitements, a expliqué la professeure Sandra Turcotte. On sait que c’est possible de cibler des cellules dont le gène de suppression tumorale a muté, notamment dans le cancer du rein.»

«C’est une très grande journée pour le domaine de la recherche dans la région de Moncton, s’est félicité le chancelier et vice-recteur Raymond Théberge. Les projets de l’Université de Moncton vont permettre à un très grand nombre de chercheurs de poursuivre leurs recherches dans des domaines de pointe qui vont éventuellement mener à des produits, des thérapies et des technologies nouvelles.»