Crainte de réductions de personnel en santé

CAMPBELLTON – Le Syndicat des hôpitaux du Nouveau-Brunswick craint que des réductions de personnel

soient bientôt imposées à l’intérieur du Réseau de santé Horizon, qui gère les hôpitaux dans les régions anglophones.

 

Afin de réduire le déficit, le gouvernement de David Alward a demandé à tous ses ministères de réduire leurs dépenses, y compris en Santé. Norma Robinson, responsable de cette section du Syndicat canadien de la fonction publique (section N.-B.), affirme avoir reçu en juillet dernier une note du service des ressources humaines du Réseau de santé Horizon indiquant que celui-ci allait entreprendre un examen de l’efficacité de ses opérations.

Pour la représentante syndicale, il est clair que des mises à pied sont imminentes. «C’est très inquiétant, car on ne sait pas où ces compressions auront lieu, quand elles auront lieu exactement et combien de personnes seront touchées», explique Mme Robinson.

 

Selon ce qu’on lui a rapporté, les compressions de personnel pourraient toucher plusieurs services, tant du côté administratif qu’auprès du corps hospitalier. «C’est donc très inquiétant, car on s’apprête à couper à l’intérieur d’équipes de travail qui fonctionnent déjà avec une capacité réduite. On ne peut pas envisager des réductions de personnel sans penser que cela n’affectera pas la qualité des services. Nous devons conserver les postes en place et les services qui sont offerts, sans quoi je crains que cela ait un effet négatif sur la livraison des soins de santé au Nouveau-Brunswick», poursuit Mme Robinson.

 

Celle-ci dit ne pas comprendre cette situation, d’autant plus que le Réseau de santé Horizon affiche un bilan financier équilibré depuis maintenant trois ans. «Pourquoi revoir les pratiques et envisager des coupures de personnel lorsque le budget est respecté?», questionne-t-elle.

 

Postes non pourvus

 

Du côté du Réseau de santé Vitalité, on soutient qu’aucune mesure de cette ampleur n’a été commandée. Luc Foulem, porte-parole du réseau, avoue par contre que ce dernier étudie – tout comme sa contrepartie anglophone – les façons d’être plus efficace à coût moindre. Aucune réduction de personnel n’est envisagée à ce moment. «Essentiellement, ce que nous faisons de notre côté depuis environ un mois afin d’épargner de l’argent, c’est d’étudier la pertinence de remplacer certains postes qui deviennent vacants. C’est une mesure qui est toutefois appliquée uniquement lorsque cela est possible, soit lorsque ça ne compromet pas la santé des patients et la livraison des services.

 

L’aspect critique de chacun des postes est évalué avant de prendre une décision à savoir si l’on est en mesure de le laisser vacant ou si, au contraire, il doit absolument être pourvu», exprime-t-il. Comme autre mesure, M. Foulem indique que le recours aux heures supplémentaires sera désormais plus restreint. «On ne prévoit pas d’autres compressions jusqu’à présent», ajoute M. Foulem.

 

Celui-ci n’a toutefois pas été en mesure de chiffrer combien de postes pourraient être touchés par les mesures d’attrition. Pour Mme Robinson, cette situation n’est pas plus acceptable que ce qui est prévu au niveau du Réseau de santé Horizon. «On peut jouer sur les mots, mais lorsqu’on ne remplace pas un poste, ça équivaut à une perte d’emploi puisque cela contribue à la réduction de l’équipe de travail. Il n’y aura peut-être pas une personne qui va physiquement perdre son emploi, mais on assiste néanmoins à une érosion du nombre d’employés. Peu importe le nom que l’on donne à cela, il s’agit tout de même d’une compression de personnel», exprime-t-elle.

 

Le Syndicat des hôpitaux du Nouveau-Brunswick représente 11 000 employés au N.-B.

 

Jean-François Boisvert