Un cas de tuberculose très contagieuse à Georges-Dumont

Un cas de tuberculose très contagieuse à Georges-Dumont

MONCTON – Le Réseau de santé Vitalité a annoncé lundi après-midi avoir diagnostiqué le 17 septembre un cas de tuberculose dont la forme présente un risque élevé de contagion. Les autorités médicales et sanitaires se veulent toutefois rassurantes.

La tuberculose est une maladie infectieuse à déclaration obligatoire, qui présente différents degrés de dangerosité. Il a fallu une semaine à l’hôpital Georges-Dumont pour établir de façon formelle le diagnostic d’une tuberculose pulmonaire dont le siège anatomique est le larynx.

«C’est un cas atypique parce qu’il s’agit d’une tuberculose primaire, progressive, avec une atteinte laryngée. Le premier test radiographique était normal, et c’est quelques jours après qu’on a vu l’apparition d’anomalies», a déclaré le Dr Gabriel Girouard, microbiologiste-infectiologue.

Le patient a alors été immédiatement placé en quarantaine.

«Dès ce moment-là, des mesures d’isolement ont été instaurées. Nous sommes heureux de constater que le patient présente des signes d’amélioration clinique depuis le début du traitement.»

«Certains membres du personnel médical et paramédical, certains patients et visiteurs qui ont été en contact avec le patient à l’intérieur de nos établissements, et avant la mise en oeuvre des mesures d’isolement dans la soirée du 17 septembre 2013, courent un risque de contagion variable selon la durée et le degré de l’exposition», a poursuivi le Dr Girouard.

Ce dernier a tenu à rassurer la population. Selon les informations préliminaires disponibles sur les habitudes sociales du patient, l’hôpital juge que les risques de contamination sont jugés très faibles.

«Pour ce qui est du public en général, nous tenons à rassurer les gens. Selon les informations préliminaires disponibles sur les habitudes sociales du patient, nous jugeons que les risques sont très faibles.»

Depuis le 18 septembre, les autorités médicales et sanitaires procèdent à des évaluations et tentent de retrouver toutes les personnes ayant pu être potentiellement exposées à la contagion. La plupart n’auront cependant pas besoin de se soumettre à un dépistage ni à un suivi médical.

Les patients qui ont déjà quitté l’établissement, mais avec une visite enregistrée au Centre universitaire hospitalier durant certaines périodes définies, vont automatiquement recevoir une lettre de l’hôpital les informant qu’ils ont possiblement été exposés à un cas de tuberculose et qu’ils devraient communiquer avec l’hôpital en appelant le 862-3767.

Les dates et les heures visées pour le service d’urgence sont le vendredi 6 septembre de 10 h 30 à 14 h, puis le mardi 10 septembre de 11 h à 13 h 30 et jusqu’au mercredi 11 septembre à 10 h 50. Les visiteurs ayant fréquenté l’unité 3C du centre hospitalier entre le mercredi 11 septembre, 10 h 30, et le mardi 17 septembre, 19 h, devraient eux aussi communiquer avec l’établissement. Le service téléphonique sera ouvert pendant quatre semaines, du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h 30.

«On réalise que malgré tous les efforts qu’on peut faire, il y a une partie de la population qui est difficile à rejoindre, particulièrement les visiteurs. Notre priorité du moment est d’établir une liste de noms, quitte à faire des interventions après», a précisé le Dr Girouard.

Pour les personnes concernées, le suspense va cependant durer deux mois, car, pour aboutir à un résultat fiable, certains tests ne peuvent être réalisés avant une certaine période. Le temps d’incubation est normalement de plus de trois semaines avant que l’infection ne commence à se développer. Le patient hospitalisé a peut-être été exposé à la contagion il y a des années.

«La plupart des patients ne développeront pas de maladie immédiatement, a précisé Gabriel Girouard. La condition peut être asymptomatique pendant plusieurs années. Quelquefois, cela peut s’activer 15 ans après l’infection. Seulement une minorité des gens va développer la maladie dans les premiers mois de l’infection.»

Y a-t-il un risque d’épidémie dans la province? Le docteur Girouard se veut rassurant. La vaste majorité des personnes exposées à la bactérie ne vont pas être contaminées. Seulement 10 % des gens exposés à la bactérie courent un risque de développer la maladie durant leur vie.

Un cas rarissime

MONCTON – Encore présente partout dans le monde, la tuberculose est une maladie rare au Canada.

«C’est important de noter que la tuberculose n’est pas fréquente, a mentionné le Dr Yves Léger, médecin hygiéniste régional. Cependant, on en voit 5 à 12 cas par année dans la province. La particularité de celle-ci tient à sa forme contagieuse.»

Une autre caractéristique particulière est sa rareté: les localisations laryngées de la tuberculose représentent moins de 1 % des manifestations de la maladie. Cependant, le larynx est le site le plus affecté par la tuberculose des voix aérodigestives supérieures, avec un taux pouvant atteindre 46 %. Il s’agit d’une pathologie touchant en majorité les hommes, le plus souvent âgés de 40 à 50 ans, et qui semble être favorisée par une intoxication alcoolo-tabagique excessive. – DD

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