Annonce des médecins du Nouveau-Brunswick – 24 Avril 2013

Annonce des médecins du Nouveau-Brunswick – Avril 2013

Bonjour. Merci d’être venu aujourd’hui. Je m’appelle Robert Desjardins, et je suis anesthésiste à Bathurst. Je suis le président de la Société médicale du Nouveau-Brunswick. Je suis accompagné aujourd’hui de plusieurs de mes collègues d’un peu partout dans la province.

Nous avons lu un certain nombre de commentaires que le gouvernement Alward a faits au sujet des médecins et de notre système de soins de
santé. Aujourd’hui, nous voulons rectifier les faits, fournir de l’information au public sur notre situation et présenter notre démarche à l’égard des mesures prises par le gouvernement Alward.

Comme vous le savez, les médecins négocient une entente avec le gouvernement provincial concernant les services médicaux qu’ils prodiguent. Ce programme, appelé l’Assurance-maladie, existe depuis l’adoption de la Loi canadienne sur la santé il y a des décennies. Cette entente fait en sorte que les patients reçoivent l’accès aux soins médicaux, quelle que soit leur situation financière.

Dernière entente

Les médecins sont payés par l’Assurance-maladie en vertu des dispositions établies par les ententes juridiques. Nous avons négocié avec
le gouvernement provincial notre dernière entente à l’intention des médecins rémunérés à l’acte après le conflit sur les négociations de 2009.
Le gouvernement a alors signé un contrat avec nous et a ensuite utilisé son pouvoir législatif pour éviter de respecter ses obligations. Nous avons
été forcés de présenter l’affaire en cour et nous avons réglé la question avec le gouvernement provincial quelques mois plus tard.

Le retard a été partiellement causé par les efforts du gouvernement à nous inciter à accepter une augmentation de 0 % pour deux ans. Nous
avons signé le contrat après des mois de difficultés.

La nouvelle entente était simple; les médecins ont reçu des augmentations pour quatre ans, et ils ont accepté une augmentation de 0 % pour deux années consécutives. Ces deux années à 0 % étaient l’année dernière et la présente année. Nous avons accepté deux zéros, tout comme tous les autres professionnels du secteur public, et nous avons donc permis au gouvernement provincial d’épargner 30 millions de dollars.

Les promesses du gouvernement

Lorsqu’il a été élu il y a trois ans, David Alward a été très clair dans ses promesses. Il a dit : « Dès le départ, je promets aux gens du NouveauBrunswick que notre plateforme est un contrat et qu’en fin de compte, ce sont les gens du Nouveau-Brunswick qui détermineront si nous avons tenu nos engagements ou non. »

Dans sa plateforme, il a promis que « le gouvernement Alward favorisera un dialogue ouvert, écoutera et donnera suite à leurs idées [celles des
médecins] pour améliorer les résultats en soins de santé ». Forts des idées de 400 médecins, en juin dernier, nous avons contribué à une stratégie de renouvellement des soins de santé pour nous attaquer aux problèmes à long terme.

Malgré les promesses du gouvernement d’établir un plan à la fin de 2012, et ensuite au début de 2013, les médecins n’ont toujours pas vu de plan à l’égard des problèmes à long terme auxquels notre système fait face. Nous avons seulement vu une idéologie à court terme et à courte vue de
la part d’un gouvernement provincial uni.

Les preuves sont nombreuses; nous avons un gouvernement qui improvise au fur et à mesure (p. ex., les revirements dans la situation de l’hôpital de Perth-Andover; le rétablissement des frais d’ambulance; la fermeture de salles d’urgence; le Programme de préceptorat médical d’été à l’intention des étudiants; et plus encore. Ce sont là des preuves que le gouvernement agit par impulsion et qu’il n’a pas de plan en place.

Calendrier des négociations

Pendant que nous présentions des idées en juin dernier, nous attendions que le gouvernement commence les négociations. Nous avons fait part
au gouvernement de notre intention de négocier pour la première fois en janvier 2012. Il a retardé. Il a finalement trouvé le temps de nous
rencontrer en novembre. Nous avons échangé sur nos priorités respectives en matière de négociation, et parmi les 35 points sur la table,
aucun ne faisait allusion à l’élimination de services ou de paiements.

En novembre, le ministre nous a demandé de suspendre les négociations. Les médecins ont refusé, et nous nous sommes réunis de nouveau avant l’annulation par le gouvernement de la réunion de janvier. Lors de ces réunions, le gouvernement Alward n’a jamais soulevé la question de la viabilité fiscale.

Ensuite, le ministre de la Santé nous a convoqués à une réunion 36 jours avant la présentation du budget provincial. Il a déclaré qu’il voulait
abandonner notre processus de légal négociation pour former une nouvelle table spéciale. Il nous a dit qu’il réduisait de 20 millions de dollars
le budget de l’Assurance-maladie. Finalement, si nous n’acceptions pas sa demande impulsive, il imposerait une entente.

L’ultimatum du ministre nous a renversés. Les autres professionnels de la santé avaient eu près d’un an pour examiner les moyens d’économiser
dans le système. Malgré toutes nos réunions, lors desquelles nous avons eu de nombreuses occasions d’être francs et ouverts, il ne nous a jamais
demandé d’examiner le budget de l’Assurance-maladie.

Nous avons offert de discuter de la viabilité à notre table de négociation, de renoncer à toutes nos propres questions et à commencer à nous réunir immédiatement afin de faire le travail selon son échéancier. Lorsque nous avons présenté notre proposition au ministre, il a quitté la réunion en furie après 12 minutes seulement.

La veille de notre prochaine réunion prévue, le gouvernement nous a écrit pour nous dire que l’argent de l’Assurance-maladie était déjà
épuisé. Nous devions aller négocier une affaire déjà réglée.

Ensuite, le gouvernement Alward nous a écrit, avec l’appui complet et  non équivoque du Cabinet entier, pour nous dire que le budget n’avait
pas seulement été réduit de 20 millions de dollars, mais qu’il était plafonné au même montant pendant deux années complètes.

Après la présentation du budget provincial, nous avons écrit au gouvernement pour lui rappeler qu’il avait déjà signé une entente avec
les médecins qui compte une autre année à 0 %. La décision impulsive et à court terme du ministre de plafonner les services aux patients est une
violation de notre entente.

Cette sorte de vision à court terme ne fonctionne pas dans la vraie vie. C’est comme si quelqu’un achetait une maison et décidait ensuite de ne
pas payer son hypothèque intégralement. Les Néo-Brunswickois et NéoBrunswickoises s’attendent à mieux de la part de leur gouvernement.
Vous avez pris un engagement, vous avez signé une entente et vous devez la respecter.

Désinformation du ministre

Le ministre de la Santé est un avocat de société. Il sait qu’il doit respecter son entente juridique avec les médecins. Mais cela ne l’a pas empêché de mener une campagne de désinformation depuis le budget. Il dit que le plafonnement des services médicaux aux patients n’était pas son
premier choix, que les médecins ne veulent pas lui parler et qu’il n’a pas le choix. Il dit que les autres professionnels travaillent avec lui, et que les
médecins doivent faire ce que tous les autres ont fait.
Soyons francs. Dès le moment de son ultimatum, nous avons essayé de l’aider. Nous avons suspendu nos propositions de négociation pour ne
parler que de ses propositions. Nous avons accéléré le calendrier des négociations. Nous lui avons signalé des douzaines d’idées que nous lui
avions données l’an passé, qu’il a brandies à la période de questions,  mais au sujet desquelles il n’a jamais trouvé le temps de nous téléphoner.

Le ministre nous a rencontrés très brièvement le 4 avril. Nous lui avons fait livrer par porteur la cinquième lettre que nous lui avons écrite au cours des huit dernières semaines. Une demi-heure plus tard, il a annoncé à l’Assemblée législative que nous avions eu une bonne réunion et qu’il était « ravi que nous soyons venus ».
Malgré notre lettre sans réponse qu’il a entre les mains et la discussion évidente qu’il venait d’annoncer à l’Assemblée législative, il a ensuite
écrit un article d’opinion dans lequel il a réitéré que nous ne voulions par lui parler.

Le ministre nous a téléphoné la veille de la publication. Étant donné que nous avions amorcé des négociations, qu’il venait de nous rencontrer et
que nous lui avions envoyé cinq lettres, nous lui avons demandé de retirer son article qui disait que sa « porte était ouverte » et que nous ne voulions pas lui parler.

Je ne croyais pas qu’il allait publier un article dans le journal qui disait que nous ne voulions pas lui parler, le lendemain même de notre échange. Mais j’eus tort. Il est clair que le ministre souhaite davantage défrayer la manchette que dire la vérité. Il avait le choix de ne pas publier cet article et de dire la vérité. Il avait une option. Mais il a choisi de publier l’article.

Confiance dans le système de soins de santé

Le choix clair du ministre à désinformer le public nous a amenés à repenser notre démarche de travailler activement en privé avec lui pour
l’aider.
Je suis ici aujourd’hui pour vous dire que nous avons donné au ministre toutes les occasions de choisir une solution à long terme aux problèmes à long terme.

Les médecins et les patients s’appuient sur la confiance. C’est une partie vitale de notre système de santé. Mais les médecins n’ont plus confiance
dans le gouvernement Alward uni.
Je suis ici aujourd’hui pour vous dire que tout cela est une affaire de confiance. Il nous est impossible de négocier de bonne foi une entente
pour la prochaine année en sachant que le gouvernement va violer l’entente conclue avec nous cette année.

Tout compte fait, les patients font confiance aux médecins, parce que nous leur disons la vérité, même si elle parfois difficile à dire et à entendre.
Nous tenons parole avec nos patients parce que notre système de santé dépend de personnes à qui vous pouvez faire confiance. Les patients ont
confiance en nous parce que nous disons la même chose en personne et en privé.

Contestation juridique

Je suis ici aujourd’hui pour annoncer que le gouvernement Alward a encore une fois rompu une promesse. Sa plateforme disait : « Au lieu de
forcer les médecins à poursuivre le gouvernement pour l’attention et le respect, le gouvernement de David Alward créera une nouvelle relation
positive avec nos médecins, notre personnel infirmier, nos pharmaciens et les autres professionnels de la santé. »

Les médecins du Nouveau-Brunswick s’adressent à la cour pour forcer le gouvernement à tenir sa parole. Nous devrons demander à un juge
d’obliger le gouvernement à tenir la promesse qu’il a faite aux médecins.  En attendant de savoir si le gouvernement supprimera le plafonnement des services aux patients et respectera son entente signée, qui, je vous le rappelle, prévoit une augmentation de 0 %, il est insensé pour nous de négocier une autre entente avec le gouvernement pour la prochaine année.

Le résultat que nous souhaitons atteindre est que le gouvernement respecte un processus de négociation légal avec les médecins. Nous ne
demanderons rien de plus que l’engagement du gouvernement à respecter notre entente concernant notre augmentation de 0 % pour  cette année.

De plus, je convoque une assemblée générale d’urgence des médecins du Nouveau-Brunswick, qui aura lieu le vendredi prochaine. La profession
médicale est unie dans son désir de forcer le gouvernement à respecter  ses promesses. Nous avons espéré et nous avons saisi toutes les occasions d’éviter de faire appel à un juge pour forcer le gouvernement à être fidèle à sa parole. Pour les médecins, c’est une question de confiance.

Merci. Mes collègues et moi-même répondrons maintenant à vos questions.