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L'Étoile, éditorial
12 novembre 2009, p.A4
Cause en santé : Graham doit s'en mêler
Depuis un an et demi déjà, le comité Égalité santé français du
N.-B. dénonce la réforme de la santé mise en place par l'ancien ministre de
Peu de temps après l'entrée en vigueur de la réforme dans son
ensemble et l'abolition des huit anciennes régies régionales, le groupe
annonçait son intention de s'adresser aux tribunaux pour contester la réforme. Chose qui a été faite, dès octobre 2008.
Chacune des deux parties s'est entourée d'une équipe de juristes
d'envergure. Égalité santé en français a embauché le spécialiste des droits
linguistiques, Michel Doucet, et l'ancien juge de
Le gouvernement du N.-B. a répliqué s'associant à trois réputées
firmes d'avocats soit Cox and Palmer, Stikeman Elliott et Stewart McKelvey
Stirling Scales. En plus des avocats acadiens André Richard et Christian
Michaud, de Moncton, la province s'est adjoint les services de Michel Décary,
de Montréal.
Or depuis le début des procédures juridiques, les choses traînent
en longueur du côté de l'équipe de rêve du gouvernement. En fait, tout à bien
mal commencé puisque les avocats de la province ont déposé leur défense le 23
janvier 2009, avec deux mois de retard. Par la suite, l'enquête au préalable
s'est terminée en juillet, avec un mois de retard.
Puis en août dernier, l'ancien juge Bastarache s'est plaint
publiquement de l'attitude cavalière du gouvernement dans ce dossier, alors que
la province a carrément refusé l'accès à plusieurs documents gouvernementaux
aux avocats d'Égalité santé en français. Selon les propros de Me Bastarache, il
n'aurait jamais vu ça de toute sa carrière!
À ce jour, le comité Égalité santé
en français n'a pas obtenu tous les documents désirés. Des démarches devant les
tribunaux sont d'ailleurs toujours en cours pour forcer la partie
gouvernementale à partager les informations.
Curieusement, le gouvernement Graham reste silencieux sur cet
enjeu. Ni le ministre de
Dernièrement,
Il nous semble que cette mascarade a assez duré et qu'il est temps
pour le premier ministre Graham de s'impliquer personnellement dans le dossier.
La cause en santé est menée à bout de bras par des gens bien en vue dans la
communauté acadienne, des gens qui ont travaillé toutes leurs vies pour
l'avancement des Acadiens. On ne parle pas ici de radicaux dangereux. Seulement
de simples citoyens qui croient -encore- au système.
Si le gouvernement Graham, avec son équipe de rêve, est tellement
certain que ses arguments juridiques sont solides et imparables, qu'il demande
donc le renvoi de la cause en Cour d'appel. Il est grand temps de mettre de
côté orgueil et vanité et de se plier aux principes démocratiques les plus
élémentaires, soit un accès aux tribunaux sans interférence.

