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L'Acadie Nouvelle
Mardi 3 novembre 2009, p.11
Égalité santé en français récolte d’autres appuis
Marjorie PedneaultAfin de faire pression sur Fredericton, le groupe Égalité santé en français multiplie les apparitions publiques aux côtés des divers groupes d'appui à la cause. On espère ainsi faire avancer le dossier plus rapidement, à des coûts moindres pour les contribuables, affirme-t-on.
Depuis le début de l'automne, les appuis à la cause d'Égalité en santé se sont multipliés de façon exponentielle. Chaque semaine, de nouvelles personnalités publiques ou organismes de revendications se mobilisent derrière le groupe de
citoyens qui conteste devant les tribunaux
la réforme de la santé du gouvernement provincial actuel.
Égalité santé en français veut faire annuler la décision d'abolir la seule régie de langue française au Nouveau-Brunswick, une institution à laquelle ont droit les francophones minoritaires en vertu de la Charte des droits et libertés, souligne le regroupement. L'un des porte-parole de cette cause, le président de la Société de l'Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB), Jean-Marie Nadeau, croit que le gouvernement de Shawn Graham ne comprend pas bien ses responsabilités constitutionnelles à l'endroit de ses citoyens francophones.
«Cette cause ne mérite pas d'être traitée de la façon dont le gouvernement la traite», déplore-t-il.
Jean-Marie Nadeau donne l'exem ple de la lenteur des procédures dans la poursuite entamée par Égalité santé en français voilà plus d'un an. Le mutisme des avocatsdu gouvernement dans cette affaire a même poussé la SANB à envoyer une lettre au premier ministre Graham le 22 octobre, dans laquelle Égalité santé en français demande d'utiliser une procédure plus rapide pour régler le litige.
Cette procédure de renvoi prévue par l'article 23 de la Loi sur l'organisation judiciaire du Nouveau-
Brunswick permet aux avocats des deux parties de déterminer ensemble les questions à soumettre à la Cour d'appel, responsable de trancher l'enjeu. Selon les réponses données, les parties peuvent en appeler à la Cour suprême du pays.
Cette procédure, selon M. Nadeau, accélère la résolution des litiges dans un contexte plus serein et à moindres coûts pour les contribuables du Nouveau-Brunswick. «Il en coûte de 15 à 18 000 $ par jour aux contribuables du N.-B. pour appuyer cette cause», affirmet-il.
Lors du point de presse, le Comité égalité santé en français a reçu l'appui de la Société nationale
de l'Acadie et de la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFAC).
La présidente de la FCFAC, Marie-France Kenny, croit que cette cause pourrait avoir des impacts partout au pays pour les communautés francophones.
«Si on nous enlève la gestion de l'une de nos institutions en santé, qu'est-ce qui va arriver par la suite? On va nous enlever la gestion de nos écoles? On n'est pas des minorités. Nous sommes des citoyens canadiens à part entière», affirme la porte-parole de la FCFAC.
Le groupe Égalité santé en français dévoilera jeudi les sommes amassées pour la suite de cette cause devant les tribunaux. «On a des appuis, avertit Jean-Marie Nadeau. On va aller jusqu'au bout.»
Le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Shawn Graham, était à Moncton au moment de ce point de presse. Il a décliné toute invitation à commenter le dossier.

