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L'Étoile
Jeudi, 29 octobre 2009, p.A1

De gros appuis pour la cause en santé

Justin Abord-Babin

 

Le comité Égalité santé en français a reçu trois appuis de taille, mardi dernier. Les anciens ministres Benoit Bouchard et Benoit Pelletier ainsi que le Dr Réjean Thomas ont tous accordé leur appui au groupe dans sa poursuite judiciaire contre le gouvernement du N.-B., lors d'une conférence de presse qui a eu lieu à Montréal.

Ces trois appuis confirment que l'intérêt pour la cause de la santé en français au Nouveau-Brunswick dépasse les frontières de la province et préoccupent bon nombre de francophones, selon le président d'Égalité santé en français, le Dr Hubert Dupuis.

«Les francophones du reste du Canada, les Québécois et les Franco-ontariens perçoivent que cette cause dépasse les frontières du N.-B. Ils sont inquiets de la tournure des évènements. Ils voient un gouvernement qui se dit bilingue et biculturel et qui bafoue les droits linguistiques de sa minorité.»

Ces appuis sont d'autant plus importants qu'ils proviennent de personnalités respectées, issues de milieux et d'allégeances politiques différentes.

Benoit Bouchard est un ancien ministre fédéral sous Brian Mulroney et un ancien ambassadeur du Canada. Quant à lui, Benoit Pelletier a été ministre au sein du gouvernement de Jean Charest et enseigne présentement le droit constitutionnel à l'Université d'Ottawa.

Dr Réjean Thomas, qui est originaire du Nouveau-Brunswick, est une des personnalités médicales les plus connues au pays.

«Je crois que leur engagement fera en sorte qu'il y aura un véritable mouvement de solidarité chez les francophones à l'extérieur du Nouveau-Brunswick, estime le Dr Dupuis. Ils symbolisent en quelque sorte cette solidarité et je pense qu'ils pourront nous amener davantage d'appuis.»

Pour Benoit Bouchard, les Québécois et les autres francophones du pays doivent avant tout être mis au courant de la situation pour qu'ils puissent mieux en comprendre les enjeux.

«Je veux faire comprendre aux Québécois que si on perd une cause dans une province d'avant-garde on risque de la perdre à la grandeur du pays», confie-t-il.

«Il y a manifestement ici une situation de déséquilibre entre les deux communautés, ajoute l'ancien ministre fédéral. Si cette situation-là prévalait et n'était pas contestée au Nouveau-Brunswick, elle pourrait apparaître dans d'autres provinces du Canada.»

Hubert Dupuis estime que ces appuis pourront donner une résonance nationale à la cause. C'est d'ailleurs une des raisons pour laquelle l'annonce officielle de ces appuis a été faite à Montréal, plus près des grands médias nationaux. La conférence a d'ailleurs été retransmise en direct sur le Réseau de l'information.

L'enthousiasme du Dr Dupuis est partagée par le président de la Société de l'Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB), Jean-Marie Nadeau. «On sent bien un appui politique qui vient du reste du pays, remarque-t-il.

Un peu partout les gens reconnaissent que l'Acadie ne peut pas de perdre ses institutions.»

Tous ces appuis viennent s'ajouter à celui du directeur général de l'Hôpital Montfort d'Ottawa, Gérald Savoie, qui s'était présenté au côté du Dr Hubert Dupuis à Moncton à la fin du mois d'août.

Par ailleurs, la SANB a envoyé au gouvernement du Nouveau-Brunswick une lettre lui demandant de renvoyer la cause d'Égalité santé en français directement à la Cour d'appel de la province. Selon l'organisme, cette mesure permettrait d'épargner temps et argent. Au moment d'écrire ces lignes, aucune réponse n'avait encore été émise de la part du gouvernement du N.-B.