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L'Acadie Nouvelle, site Internet
28 octobre 2009
Santé: la cause pourrait être débattue en Cour d’appel
Réal Fradette
CARAQUET - La
Société de l'Acadie du Nouveau-Brunswick demandera au gouvernement Graham de
débattre directement en Cour d'appel du Nouveau-Brunswick la poursuite contestant
la constitutionnalité de la réforme de la santé.
L'avocat Luc Desjardins a amené cette proposition sur la table, hier, et elle a
été adoptée à l'unanimité par les délégués de la Société de l'Acadie du N.-B.
(SANB).
Le groupe Égalité santé en français du Nouveau-Brunswick veut contester la
réforme proposée par l'ancien ministre de la Santé, Michael Murphy, devant les
tribunaux.
Cette mesure exceptionnelle d'aller directement en Cour d'appel de la province,
apparemment une première au Nouveau-Brunswick, au dire de M. Desjardins, est
possible lorsque le point en litige touche les questions constitutionnelles importantes,
d'après la Loi sur les organisations judiciaires.
Selon M. Desjardins, le gouvernement Graham devrait montrer sa bonne foi et
accepter cette solution.
«Ça serait tout à l'honneur du gouvernement de collaborer. C'est la procédure
la plus expéditive, la moins coûteuse et ça va nous permettre d'avoir une
décision dans un contexte plus serein qu'en cour de première instance. Si le
gouvernement refuse, il devra en donner les explications», a-t-il expliqué.
Le Dr Hubert Dupuis, président d'Égalité santé en français au
Nouveau-Brunswick, appuie tout processus qui vise à réduire, en termes de
temps et de dépenses, cette contestation judiciaire.
«C'est une bonne chose, a-t-il affirmé. Même si nous ne pouvons présumer du
jugement de la Cour d'appel, nous soutenons toujours que la loi sur les régies,
le conseil de santé du N.-B. et la formation de Facilicor (centre non clinique
à Saint-Jean) ont violé nos droits constitutionnels. Oui, c'est une mesure
exceptionnelle, mais nous avons une cause historique pour l'Acadie.»
Professeur à la retraite en droit linguistique, Pierre Arsenault trouve cette
demande tout à fait légitime.
Il avait lui-même fait cette requête lorsqu'il était à la tête du mouvement de
l'éducation francophone de l'Île-du-Prince-Édouard, au cours des années 1990.
«C'est une mesure qui est rare, mais c'est aussi une mesure qui est prévue.
C'est une bonne façon de régler la question, car elle se dirige quand même vers
la Cour suprême du Canada. Le gouvernement Graham a tout intérêt à collaborer,
car la cause divise les Acadiens. Il ne doit pas se faire complice de cette
division», croit-il.
Le président de la SANB, Jean-Marie Nadeau, s'est dit totalement d'accord avec
cette proposition.
Il invite d'ailleurs les anglophones et le gouvernement Graham à y collaborer
entièrement.
«Je veux dire à nos compatriotes anglophones d'arrêter de dépenser l'argent du
public dans cette cause que nous allons gagner de toute façon. Veulent-ils
continuer à payer les avocats du gouvernement 12 500 $ par jour, selon les
estimations que nous avons reçues, afin d'empêcher les Acadiens à accéder à
l'égalité en santé?», a-t-il exprimé.

