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La Presse Canadienne, parution dans L'Acadie Nouvelle
28 octobre 2009
Égalité santé en français obtient des appuis au Québec
La Presse Canadienne, parution dans L'Acadie Nouvelle
MONTRÉAL - Le
groupe Égalité santé en français obtient au Québec l’appui de personnalités
politiques et du milieu médical, dans sa lutte contre la réforme de la santé, qui a
mené à la disparition de la seule régie de la santé francophone du N.-B.
Égalité santé en
français contestera devant la Cour du banc de la reine une réforme du
gouvernement de Shawn Graham qui, selon les membres du regroupement, a enlevé
des droits aux francophones du Nouveau-Brunswick.
Pour mener à bien
sa cause, le groupe Égalité santé en français s’est adjoint un poids lourd du
milieu judiciaire: l’ancien juge de la Cour suprême du Canada, Michel
Bastarache.
Le groupe était à
Montréal, hier, où il a notamment obtenu l’appui des anciens ministres du
gouvernement Mulroney, Benoît Bouchard, et du gouvernement Charest, Benoît
Pelletier, en plus du président de la clinique médicale L’Actuel, le docteur
Réjean Thomas, qui vient lui-même du Nouveau-Brunswick (Tilley Road, dans la région
de Tracadie-Sheila).
Le groupe conteste
une réforme du gouvernement Graham, qui s’est trouvé à abolir la seule régie de
la santé francophone, celle de Beauséjour, en refondant l’ensemble des huit
régies de la santé de la province en deux grandes, qui doivent offrir des
services dans les deux langues.
Égalité santé en
français revendique le droit non seulement de pouvoir être soigné en français,
mais aussi celui de gérer ses institutions de santé en français.
Il a une nouvelle
fois déploré que ces deux régies sont inégales, en ce qu’elles n’offrent pas
les mêmes services. Des centres en chirurgie cardiaque, en neurochirurgie, en
traumatologie, par exemple, ne sont pas disponibles dans la régie desservant
les régions francophones.
«Devant cette
désintégration-là, c’est toutes les institutions francophones acadiennes qui
sont à risque. L’Acadie est en train de brûler avec une telle loi», s’est
exclamé le président-directeur général de l’Hôpital Montfort, Gérald Savoie.
L’Hôpital Montfort,
à Ottawa, avait vécu une bataille similaire, il y a quelques années, pour sauve
garder son établissement de soins en français dans la capitale fédérale.
L’ex-juge
Bastarache, aujourd’hui conseiller juridique, trace un parallèle avec de
précédents jugements de la Cour suprême du Canada qui ont reconnu non seulement
le droit à des services scolaires dans la langue de la minorité, mais aussi le
droit de gérer ces institutions dans cette langue.
«Si je participe
aujourd’hui (mardi) à cette conférence de presse, c’est parce que je considère que
ce n’est pas un problème exclusivement du Nouveau-Brunswick, a lancé Me
Bastarache. Le Nouveau-Brunswick est la seule province bilingue au Canada. Si
elle ne reconnaît plus
les principes fondamentaux du bilinguisme, si elle n’accepte pas les
définitions d’obligations gouvernementales prescrites par la Cour suprême du Canada
dans ses dernières décisions, et bien c’est un recul pour toute la francophonie
canadienne.»
L’ancien ministre
des Affaires intergouvernementales canadiennes dans le gouvernement Charest, Benoît
Pelletier, n’a pas voulu dire s’il souhaitait que le gouvernement du Québec se
mêle du dossier pour appuyer les francophones du Nouveau-Brunswick.
«Je n’ai pas de
conseil à donner», a-t-il répliqué, ajoutant qu’il appuyait cette cause pour
l’essor du français au Canada.
Le groupe a appelé
tous les Québécois à appuyer la cause, affirmant que ce sont eux qui ont fait pencher
la balance dans le cas de l’Hôpital Montfort d’Ottawa.

