Nouvelles
La Presse Canadienne, parution dans Le Devoir
28 octobre 2009
Un autre combat se dessine pour les services de santé en français
Un autre grand combat
judiciaire se dessine pour les francophones hors-Québec, cette fois pour garder
une institution et des services de santé égaux en français au Nouveau-Brunswick.
Le groupe Egalité santé en français
contestera devant
Pour mener à bien sa cause, le
groupe Egalité santé en français s'est adjoint un poids lourd du milieu
judiciaire: l'ancien juge de
Le groupe était à Montréal, mardi,
où il a obtenu l'appui de personnalités politiques et du milieu médical,
notamment les anciens ministres du gouvernement Mulroney, Benoît Bouchard, et
du gouvernement Charest, Benoît Pelletier, en plus du président de la clinique
médicale L'Actuel, le docteur Réjean Thomas, qui vient lui-même du Nouveau-Brunswick,
où il a justement été formé en médecine.
Le groupe conteste une réforme du
gouvernement Graham, qui s'est trouvé à abolir la seule régie de la santé
francophone, celle de Beauséjour, en refondant l'ensemble des huit régies de la
santé de la province en deux grandes, qui pourront offrir des services dans les
deux langues.
Egalité santé en français revendique
le droit non seulement de pouvoir être soigné en français, mais aussi celui de
gérer ses institutions de santé en français.
Il déplore aussi que ces deux régies
sont inégales, en ce qu'elles n'offrent pas les mêmes services. Des centres en
chirurgie cardiaque, en neurochirurgie, en traumatologie, par exemple, ne sont
pas disponibles dans la régie desservant les régions francophones.
«Devant cette désintégration-là,
c'est toutes les institutions francophones acadiennes qui sont à risque.
L'Acadie est en train de brûler avec une telle loi», s'est exclamé le
président-directeur général de l'Hôpital Montfort, Gérald Savoie.
L'Hôpital Montfort, à Ottawa, avait
vécu une bataille similaire, il y a quelques années, pour sauvegarder son
établissement de soins en français dans la capitale fédérale.
L'ex-juge Bastarache, aujourd'hui
conseiller juridique, trace un parallèle avec de précédents jugements de
«Si je participe aujourd'hui à cette
conférence de presse, c'est parce que je considère que ce n'est pas un problème
exclusivement du Nouveau-Brunswick, a lancé Me Bastarache. Le Nouveau-Brunswick
est la seule province bilingue au Canada. Si elle ne reconnaît plus les
principes fondamentaux du bilinguisme, si elle n'accepte pas les définitions
d'obligations gouvernementales prescrites par
L'ancien ministre des Affaires
intergouvernementales canadiennes dans le gouvernement Charest, Benoît
Pelletier, n'a pas voulu dire s'il souhaitait que le gouvernement Charest se
mêle du dossier pour appuyer les francophones du Nouveau-Brunswick. «Je n'ai
pas de conseil à donner», a-t-il répliqué, ajoutant qu'il appuyait cette cause
pour l'essor du français au Canada.
Le groupe a appelé tous les
Québécois à appuyer la cause, affirmant que ce sont eux qui ont fait pencher la
balance dans le cas de l'Hôpital Montfort d'Ottawa.

