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L'Étoile
jeudi 12 février 2009

Droit à l'égalité des soins de santé

Mario Tardif

Le comité Égalité en français au Nouveau-Brunswick a fait part de ses préoccupations la semaine dernière, concernant la position du gouvernement de Shawn Graham face aux acquis des Acadiens en matière de soins de santé.

En fait, le comité Égalité en français a bien raison de se préoccuper de l'avenir du français dans les soins de santé. Dans sa réponse à la poursuite contre la réforme du système de santé, le gouvernement remet en question ce que les francophones croyaient acquis au cours des années.

Le gouvernement semble nier certains faits. Par exemple, le fait que la Régie régionale du Sud-Est, qui ose se décrire comme une institution bilingue, est, en pratique, une institution de la communauté linguistique anglaise.

Tant mieux si le " Moncton Hospital " offre actuellement des services en français. Rien pourtant ne garantit l'avenir à long terme du fait français dans cet établissement. Il ne faudrait pas se laisser « enfirouaper » par ceux qui prêchent toutes les vertus de cet établissement. Il faut en effet se méfier de la culture anglaise omniprésente.

La seule garantie à long terme serait la reconnaissance, par le gouvernement, de la Régie régionale Beauséjour comme une institution distincte de la communauté linguistique française, créée et développée par et pour la communauté linguistique française, bien qu'elle offre des services en anglais.

Non seulement la Régie de la santé Beauséjour a été abolie sans consultation, mais les organismes qui contestent son abolition, ou les organismes de santé au sein même de l'hôpital ne peuvent même pas organiser de conférence de presse à l'hôpital Dr Georges-L.-Dumont. Le 4 février, Égalité en français a tenu sa conférence de presse à l'Université de Moncton.

Et dire qu'il y a un temps, chaque semaine ou presque, il y avait quelque chose de nouveau d'annoncé à l'hôpital Dr G.-L.-Dumont; annonces qui permettaient aux médias locaux, même anglophones, d'informer le public de façon juste et de partager beaucoup plus d'informations que maintenant sur ce qui se passait à l'hôpital Dr Georges-L.-Dumont.

Actuellement, les seules conférences de presse données à Georges-L.-Dumont sont celles du ministre de la Santé.

Pour la liberté d'expression? Il faudra repasser. Et pour la transparence? Il faudra repasser à nouveau. Incroyable que tout ça se passe au Nouveau-Brunswick. On se croirait parfois dans une république de bananes où les régimes autocratiques font la loi.

Pourquoi le gouvernement conteste les acquis des francophones?

Sa décision pourrait contribuer à diviser davantage les francophones et anglophones de la province. Son prédécesseur Frank McKenna et son équipe, dont la présidente du conseil d'administration de la Régie régionale de la santé A, Aldéa Landry, avaient pourtant travaillé fort pour rassembler les deux cultures. L'ex-premier ministre a souvent mis l'accent sur sa fierté de vivre au Nouveau-Brunswick et d'être Néo-Brunswickois. On l'entend si bien, avec son accent prononcé, dire combien il est « fier » de sa province.

Dommage qu'il faille compter sur les tribunaux pour rappeler au gouvernement ses devoirs et responsabilités.

Par ailleurs, il est déplorable que la liste des acquis contestés dans la défense de la province, en réponse à la poursuite contre la réforme de santé du gouvernement, soit signée par un gouverneur de l'Université de Moncton, en la personne d'André Richard.

Quand allons-nous arrêter d'avoir peur de la culture dominante? Il est temps de prendre notre place en matière de santé. Ayons confiance. Nous sommes un peuple de bonne volonté, des gens qui ont le cœur large comme ça, et qui peut croire en un avenir meilleur.

Nous avons droit à l'égalité des soins de santé et à la gestion de nos institutions francophones. Et qu'on vienne pas dire que ça coûterait trop cher! Le gouvernement pourrait mieux gérer ses dépenses et éviter certaines duplications de services. Exemple de duplications, trois laboratoires cardiaques dans la Régie B et aucun dans la régie A, trois unités néonatales tertiaires dans la Régie B et aucune dans la régie A, deux centres de traumatologie dans la B et aucun dans la A. Et il y en a d'autres duplications.

Les membres d'Égalité en français, ce sont des personnes que nous côtoyons. Ceux et celles qui vivent en français connaissent ces personnes. Elles sont bien connues et très actives au sein de la communauté linguistique francophone. Parmi celles-ci, il y a Pierre LeBouthillier qui a été directeur général de l'hôpital Georges-L-Dumont pendant 32 ans. Il y a aussi Claude Bourque, ex-directeur de Radio-Canada Atlantique. Et il y a des médecins, dont le président du comité Égalité en français… Dr Hubert Dupuis.

Aux membres d'Égalité santé en français, sachez que nous sommes avec vous! Et nous vous appuyons entièrement dans votre démarche en matière de respect des droits des francophones et du peuple acadien.